Callisto de Torsten Krol

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  • 19 mars 2009

callistoAux Etats-Unis, il y a l’avant 11 septembre et l’après. On le savait. La littérature américaine s’est emparée de cette thématique pour la décliner à  l’envi. Il y a ceux qui font tomber les hommes, comme De Lillo, ceux qui en font un élément fondamental d’un livre sur un divorce difficile, comme dans «  Un désordre américain » (présenté comme une satire grinçante de la société américaine, ce roman de Ken Kalfus est manifestement sur-vendu par l’éditeur. Ce n’est ni satirique ni grinçant un peu sociétal carrément américain. L’histoire d’un couple qui divorce dans Manhattan et qui se livre une guerre sans merci et ce même après que l’homme ait réchappé à  l’effondrement des tours du World Trade Center. Il reste quelques moments drôles. Pas assez pour sauver le livre).

Ceux encore qui en nettoient les fenêtres, comme dans Windows on the world. Et puis il y a ceux pour qui les hommes-tombes. C’est le propos de Torsten Krol dans Callisto. Odell Deefus , noir de nom mais blanc de peau, un peu paumé, sans projet, en froid avec son père, la vingtaine, il lit Jody et le faon sans cesse et veut s’engager dans l’armée US pour s’offrir un avenir. La poubelle qui lui sert de voiture tombe en panne à  proximité de la maison de Dean Lowry, un tondeur de pelouse. Celui-ci invite Odell à  passer la nuit chez lui. C’est là  que l’irréparable survient. Odell assomme Dean d’un coup de batte de baseball pensant que celui-ci va le tuer durant la nuit. Puis il découvre la tante de celui-ci dans le congélateur de la cave. Un peu morte, carrément congelée. Effroi et stupeur. Tout bascule. Il prévient la police pour la tante et cache le corps. La police enquête et se méfie de lui. Dans le climat paranoïaque post 9-11, Dean devient un traître à  l’Amérique, en phase de conversion à  l’islam. Fin de la présentation pour ne pas lever le voile sur l’intrigue. A Callisto et à  Guantanamo, l’Amérique peine à  retrouver l’élan qui fut le sien, entre conservatisme et suspicion sur l’ennemi intérieur. Callisto, comme l’une des lunes de Jupiter, comme si une partie des Etats-Unis vivait sur une autre planète.

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