Une nouvelle pour le start-Up Week-end de Brest. Prologue

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  • 16 janvier 2014

Ce week-end, Brest accueille un start-up week-end. Le principe est simple : des participants présentent des projets innovants auxquelles s’inscrivent des développeurs, des profils commerciaux, financiers, marketing, design… Pendant 54 heures, ils travaillent ensuite à développer de la manière la plus complète les projets retenus. Organisée par la Cantine Numérique de Brest, présidé par le grand Aymeric Poulain-Maubant, avec une équipe de fous, Katelle, Florent, Nicolas et Jessica, le start-up week-end est accueilli par l’école d’ingénieurs dans laquelle je travaille désormais, l’ISEN.

J’adore ces idées positives, qui nécessitent d’abord de la motivation et de la créativité. D’autant plus que notre région manque d’entrepreneurs.

L’occasion pour moi de rédiger une nouvelle « à caractère policier » sur le start-up week-end. La voici. Enjoy.

Xavier Niel, même si tu revenais, je crois bien que rien n’y ferait.

http://www.youtube.com/watch?v=MiF8lf8IkY8

 

Avertissement au lecteur

Ce qui suit est une déconnade en forme de nouvelle. Les personnages mentionnés ici n’existent que dans l’imagination de l’auteur. Peut-être ont-ils un lien avec des êtres existants dans une ressemblance qui ne serait pas que fortuite. L’auteur jure, croix de bois, croix de fer, que c’est la bienveillance à leur égard qui a guidé ses mots.

Les illustrations sont signées de Ludot.

Prologue

Dans une faculté des Lettres désertée par ses étudiants dans la pleine torpeur d’un été humide et chaud, quatre personnes restent attablées. Il est midi. Et à Brest comme à Bagdad, c’est l’heure du bon appétit.

Aymerand Poullic-Maubin, Nicolas Bravo, Jennifer Bouleau et Katie LeSquiff discutent de vive voix. L’objet de leur échange porte sur l’avenir de la cantine numérique qu’ils viennent de porter sur ses fronts baptismaux. L’association vise à promouvoir la culture de l’innovation, l’échange par les réseaux formels, formols et informels. L’enregistrement n’est pas très net, mais l’on reconnaît les propos sans forcément savoir à qui ils appartiennent.

– Bon, maintenant qu’on a le joujou, on doit trouver des trucs à faire.

– Fallait peut-être y penser avant, non ?

– Vous inquiétez pas. J’ai une idée.

– Sauf que c’est pas une idée qu’il faut, c’est cinquante au moins.

– Combien tu dis ?

– Finfante, répond l’interlocuteur qui vient d’engager dans sa bouche un sandwich Subway ®.

– Fichtre. “Finfante”, cela fait combien en euros ?

– Fomment ?

– Je me moque. Cinquante projets de start-up… Pourquoi cinquante ?

– J’sais pas, déglutit l’homme. Cela m’est venu comme ça.

– Tu aurais pu dire cent ?

– Ben, ouais. Même pas peur. Cinquante ou cent, de toutes façons, ce qui compte ce n’est pas la destination, c’est le chemin.

– Joli. C’est de qui ?

– Don’t know. Je l’ai lue sur citations.com. Un site sur les…

– Citations, coupe une jeune femme.

– Ouais, tu connais ?

– Non, j’imagine.

Un verre tombe de la table. Coup de chance, il est en plastique, pas comme le liquide qu’il contenait qui se déverse sur le sol formant un L majuscule évocateur.

– Tiens, on dirait le logo de Lorie.

– Qui ?

– Lorie, la chanteuse. Tu sais “Mes meilleures amies”, “C’est le week-end”, “La positive attitude”…

– Comment tu dis ?

– “La positive attitude”

– Non, avant.

– “C’est le week-end”.

– Oh, non, pas encore, c’est toutes les semaines comme ça. On a du boulot, les filles. On doit créer un événement par jour, et on a pas les débuts de la queue de l’ours.

– Cela a des queues les ours ?

– Ben, oui, “Il ne faut pas vendre la queue de l’ours avant de l’avoir tué”.

– Connais pas.

– Tu viens d’où d’ailleurs Jennifer ?

– De Pontarlier, dans le Jura.

– Et toi Aymerand ?

– Du Mans.

– Moi je viens de Nantes, poursuit Katie, à qui personne n’avait rien demandé.

– On sait.

– J’ai une idée, sursaute Jennifer.

– On t’écoute, répondent de concert Aymerand et Katie.

– Alors, voilà, je ne sais pas pourquoi je pense à ça, hein, et vous me dites si vous trouvez ça cruche…

– En Bretagne, on dit cuche, vas-y continue cela peut être couette, je veux dire chouette, dit Katie.

– Et depuis quand Nantes est en Bretagne ? interroge Aymerand.

– Bon, ça suffit, je vous demande de m’écouter, tonne Jennifer en remuant ses cheveux torsadés. Voilà l’idée. Pour l’instant, on parle que de ce qui nous sépare…

– “Trahis et dérisoires, Au nom de ce qui nous sépare…la, la, la…”

– Katie ?

– Oui ?

– Camembert.

– Chez nous, on dit “rillettes”.

– Bon, je continue, au lieu de magnifier nos différences, pourquoi pas jouer sur nos ressemblances.

– Ca, ce n’est pas du Jill Caplan.

– Qu’est-ce que vous en pensez ? On fait un truc sur ce qui nous rapproche. Toi Aymerand, tu dis Start-Up. Toi Katie, tu dis Week-end. Moi, je fusionne, je dis Start-Up week-end.

– C’est une expression valise ça. Un peu comme informatique pour information et automatique.

– C’est surtout un concept, Aymerand. Un week-end pour créer sa start-up.

– D’ailleurs, moi à Nantes, j’ai déjà participé à un…

– Katie ?

– Oui ?

– Camenberillettes.

Illustration de la sérendipité, voilà comment quatre néo-brestois jovials, lancent une nouvelle idée, qui rebondit comme un Yoda en furie dans Angry Birds “Star Wars II”. Le sursaut d’une ville vient souvent de ceux qui, en provenance de l’extérieur, ont choisi de l’aimer plutôt que de se satisfaire de la situation de leur naissance. Ils sont les réveilleurs les plus enthousiastes. Ou comment le quatuor devient chef d’orchestre laissant la réaction pour passer à l’action.

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