Bob l’éponge et la gauche au sénat, quand l’actualité entre en collision

Hier soir, le Sénat est à  gauche. On aurait aimé qu’il passe l’arme à  gauche mais bon, c’est ainsi, nous sommes condamnés au bicamérisme pour que tout le monde puisse dire qu’il a gagné. Hier soir, donc, on pouvait voir ce reportage.

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On se croirait presque dans l’immédiat après-match d’une grande victoire d’une équipe de France, genre la France contre les All Blacks. Non, là  cela ne marche pas, car il faut une grande mémoire. Bon, une grande victoire de l’équipe de France de n’importe quel sport. Si vous ne trouvez pas, imaginez.

Dans les propos des commentateurs et des acteurs, revient souvent le mot œhistorique  et je dirais même plus l’expression œc’est un moment historique .

Si on considère qu’un moment historique c’est un moment qui n’a jamais eu lieu, (on devrait alors dire de science fiction ou posthistorique), les moments historiques arrivent à  peu près tous les jours. Par exemple, hier j’ai mangé deux fois des endives, c’était historique.

J’aurais dû reprendre du poisson car le problème avec l’histoire, c’est que parfois on ne s’en souvient pas. Gaston Monnerville par exemple fût président du Sénat sous la Vème république. Mais il paraît que cela ne compte pas. En plus c’est un peu notre Barak Obama avant l’heure, à  une époque où la ségrégation raciale battait son plein aux States, ce pays tellement fascinant et en avance, qu’il procédé toujours à  des exécutions capitales et dont les habitants possèdent 200 millions d’armes à  feux ce qui sur un total de 300 millions rend suspect tout ceux qui n’ont pas d’arme.

A la moitié de ce billet, je récapitule. Victoire de la gauche au Sénat, Historique. Etats-Unis. Maintenant secouez votre tête, de droite à  gauche, d’avant en arrière. Ne le faites pas dans le bus, le métro, ou au volant de votre car scolaire, cela pourrait vous valoir des ennuis. Vous venez de shaker vos pensées. On mélange le tout avec un petit zest de reportage radio.

Sur Voice of America, oui, quelle fascination-répulsion pour les Etats-Unis de l’autre côté, on pouvait écouter un reportage sur une étude publiée par une équipe de chercheurs de l’université de Virginia. Cette équipe a analysé le potentiel cognitif des enfants après trois activités. L’étude a paru dans le journal Pediatrics et est disponible gratuitement ici.

Le premier groupe regardait Bob l’éponge, un dessin animé très rapide et surréaliste. Les enfants s’appelaient Killian et Kevin.

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Le second groupe regardait Caillou. Un dessin animé simple et réaliste. Les enfants s’appelaient Marie et Louis.

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Le troisième groupe dessinait et ne regardait pas la télévision parce que je leur ai interdit de regarder Zack et Cody. Les enfants s’appelaient Poème et Venise.

Entre le premier groupe et le troisième, la différence de capacités, temporairement, est de 50%. C’est-à -dire que le premier groupe a des capacités d’apprentissage immédiatement après avoir regardé la télévision ce type d’émissions, moitié moindre que le troisième. L’expérience a été menée sur des enfants de quatre enfants, un âgé auquel le cortex préfrontal, siège de nos pensées, est toujours en évolution.

Alors zut, c’est quoi le lien entre le sénat et Bob l’éponge. J’y viens. Hier, en regardant ces images où certains souriaient et d’autres tiraient la tête, je n’ai pas compris pourquoi, si ce n’est pour une question d’égo. Les premières déclarations des vainqueurs ont été de dire que la œrègle d’or , l’interdiction constitutionnelle des déficits de l’Etat, était œmorte . J’ai peut-être mal écouté mais je n’ai pas entendu parler modestement de retour aux valeurs de la France, de justice, de moralité politique, de projet collectif, d’efforts, de sens. J’ai juste vu qu’ils étaient comptant d’avoir gagné, mais je n’ai pas compris pourquoi moi aussi j’aurais dû sourire.

Alors, là  moi aussi j’ai eu l’impression d’être comme un enfant devant Bob l’éponge. Cela bougeait, c’était irréaliste et parfois drôle. Surtout je n’avais pas besoin de penser puisque d’autres s’en chargeaient pour moi.

A part cela, on pouvait lire dans un reportage paru dans le Monde Magazine, sur l’université d’élite réservée aux jeunes femmes aux Etats-Unis, les propos de l’écrivaine Anna Quindlen (promotion 1974) : « A Barnard, j’ai été diplômée en… peur de rien. » Pas en Bob l’éponge ou en Sciences Historiques hein, en peur de rien. Le meilleur diplôme pour affronter la vie.

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