Pourquoi se cure-t-on le nez ? Etat des lieux, enjeux et dangers

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  • 2 mai 2011


C’est un petit plaisir solitaire qui prend à  l’abri des regards indiscrets, parfois sur le canapé du salon, dont les interstices permettent son recyclage, dans la pénombre de la chambre à  coucher, ou plus fréquent encore au volant de sa voiture. Le curage (ou curetage) de nez est un hobby fréquent chez les êtres humains. On parle ainsi de nasalisme.

Bagdabiza demande sur le forum Questions-Réponses de Yahoo : «Je me cure souvent le nez devant les yeux de ma copine . Elle à  l’air d’être dégoûtée mais je pense qu’elle ne veut pas me le dire. Elle tourne souvent la tête quand je le fais ! Suis je dégoûtant ? Est-ce qu’il faut que je change ? à‡a devrait pas être à  elle de changer puisque moi je l’aime tellement que je suis naturel avec elle… ». Et la meilleure réponse, selon les internautes à  l’interrogation nexistentielle de Bagdadiza est donnée par Freedom Fighter, la combattante de la liberté « c pas dégoûtant si tu as un clinex pour t’essuyer juste après et que tu te laves les mains ». Manifestement Freedom Fighter est également défenseure de la liberté pour l’orthographe.

Et des Bagdabiza, on en voit tous les jours. Enfin, pas des gens avec des pseudos aussi étrangers, mais des cureteurs de nez. Forum auto a même créé un forum sur le sujet. La semaine passée, pendant un trajet automobile, je conseille à  mes filles d’observer leurs contemporains. On apprend toujours à  regarder les autres, soit pour améliorer son imagination, en inventant leurs vies, soit tout simplement en scrutant leurs gestes, leurs attitudes. Pour rire, je leur dis « Tenez, d’ici à  ce que l’on arrive (nous allions au cinéma), je suis sûr que l’on verra dix personnes le doigt dans le nez ». J’aurais dit cinquante, j’aurais remporté le pari haut la main, pardon, hauts les doigts. Un groupe Facebook existe d’ailleurs sur le sujet.

L’index et l’auriculaire sont les doigts préférés des cureteurs pour des raisons évidentes qui tiennent à  leur souplesse et à  leur simplicité d’utilisation. Tous ceux qui à  la lecture de cette phrase se sont imaginés mettre le majeur dans le nez pourront le confirmer, le curetage c’est une affaire de doigté. A la limite, le pouce peut aussi servir à  racler ou à  gratter. D’habitude le cureteur le fait pour sa propre détente, mais cela peut devenir un enjeu plus dual. Il existe même des compétitions pour cela, où les gagnants ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

Car le curetage du nez connaît de nombreuses variantes qui en font un plaisir sans fin. Le cureteur peut ainsi avaler les trésors ainsi découverts, les expédier ailleurs d’une pitchenette bien sentie, les coller sous le rebord de la table avec la collection de chewing-gums, simplement se gratter l’appendice, ou agir comme bon lui semble. Les manger, selon le site Maxisciences, «  aiderait à  améliorer les défenses immunitaires ». Cette discipline universelle est assez libre du point de vue des règles. En tout cas plus que le football.

http://www.youtube.com/watch?v=8twzFEjx0wc

En Anglais, crotte ou morve, se dit Booger. Mais essayons d’en savoir plus sur l’étymologie.

Il n’est alors pas étonnant de voir que les plus grands de ce monde s’adonnent à  ce geste qui semble témoigner de leur appartenance au clan des boogers. Attention, ces images peuvent choquer. «  Pas de booger-booger avant vos prières du soir ».

elisabethdoigtdanslenzObama-les-doigts-dans-le-nez

Mais les puissants n’ont pas le monopole du doigt dans le nez que l’on se rassure. Ne dit-on pas d’ailleurs «  les doigts dans le nez », pour signifier la vacuité d’une activité que, par vanité ou suffisance, nous cherchons à  laisser apparaître comme aisée.

L’art du curetage n’est pas sans dangers. D’autant plus qu’il est d’apparence banale. En effet, le nez est un endroit sensible pour l’organisme. Constituée de muqueuse, il permet de respirer, et de fait stocke un tas de bactéries, dont le staphylococcus aureus, et de virus dont le cureteur deviendra l’agent de contamination quand il se précipitera pour saluer ses collègues de bureau. Il peut également s’auto-contaminer, ce qui est le cas par exemple dans certains cas d’herpès labial. Bon appétit. Sans compter qu’en matière de courtoisie, on a vu mieux.

Plus étonnant encore, le doigt de nez serait responsable de 8% des accidents de la route à  Londres selon une étude d’une société d’assurances. Les infortunés conducteurs, alors qu’ils se détendent et se relaxent à  la recherche de leur Graal, peinent à  réagir devant la voiture qui freine devant pouvant se retrouver avec le doigt au milieu de la figure. Et paf dans le pif.

Cadeau-bonus. Il n’y pas que des crottes dans le nez.

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Commentaires

  1. […] façon qu’un curage de narine (magistralement filmé en 1971 par Jacques T. dans « Trafic« ), que tout conducteur digne de ce nom pratique assidument, n’est-ce pas […]

  2. D.Sophie dit :

    Bonjour ! j’ai pris plaisir à  litre votre article, cela m’a même réconforté dans mon malheur, je m’explique.
    Ca fait maintenant 10 ans que je souffre de toc ( trouble obssessionel compulsif( et ce fameux toc, concerne mon nez ! Je pense minimum 6 heures par jour, à  curer mon nez, avec les doigts, bien entendu, mais aussi, des cotons tiges, des allumettes,une pince à  épiler…et autres instruments de tortiure. Franchement, cela me rend la vie impossible. Je suis isolée,  j’ai honte de ce que je fais, je souffre beaucoup, je ne peus pas travailler, je suis insomniaque, dépressive, je n’ai plus goût à  rien, je ne vis pa. Je prends un traitement médicamenteux, j’ai un suivi psychologique, mais rien n’y fais. Je suis perdue et désespérée, alors si vous pouviez m’aider, je vous en serai éternellement reconnaissante. Merci de me répondrt.