C’est une histoire vraie qui inspire Jean Teulé pour son dernier roman, « Mangez-le si vous voulez ». Nous sommes en 1870, la Prusse bouscule l’armée française qui recule. Le sentiment national est à son apogée. Dans un village reculé du Limousin, la guerre est là, à la fois lointaine et proche. C’est jour de foire à la Hautefaye. Alain de Monéys, jeune propriétaire, est présent. Il connaît tout le monde dans cette contrée où le respect des autres est une marque de fabrique. Alors que Maillard lit le journal, et les nouvelles désolantes du front, des auditeurs croient l’entendre dire « Vive la Prusse ». Ce que le cousin de l’orateur, Alain de Monéys dément. « Quoi ? Mais non ! Allons donc, j’étais auprès et ce n’est pas du tout ce que j’ai entendu. Et puis je connais assez bien de Maillard pour être bien sûr qu’il est impossible qu’un tel cri sorte de sa bouche : « Vive la Prusse »… Pourquoi pas « A bas la France ».
- Vous avez dit « A bas la France ». De ce quiproquo suit une lente descente dans les abîmes de la violence. De Monéys sera lynché par les mêmes qui prenaient de ces nouvelles et le saluaient tantôt. A l’instar du ferment que l’on trouve dans le livre « La vague », Jean Teulé nous montre dans ce court roman qu’une frontière invisible et bien mince sépare l’humanité de la cruauté et que cette dernière est souvent le fait de gens bien ordinaires.
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1 Bébé Donge // 2 octobre 2009 à 16:32
J’ai été attiré par le dernier Teulé pour les mêmes raisons que vous, et notemment parce qu’il s’agit d’une histoire vraie.
Mais la lecture du livre m’a laissé un profond sentiment de malaise et de dégoût. Choqué, je me suis demandé si je je n’étais pas en train de me faire manipuler. J’ai donc parcouru des blogs sur le sujet, qui m’ont conduit à acheter l’excellent livre historique d’Alain Corbin*.
Le livre de Teulé, ainsi que les interviews télévisées de l’auteur sont présentées de manière à faire croire qu’il s’agit d’un récit historique, or il n’en est rien.
1°) Teulé n’a rien produit: il a honteusement recopié de travail d’Alain Corbin, et il n’a même pas l’honnêteté de le dire. toutes ses “analyses” sur la gestion collectives du massacre, le statut marginal du meunier dans la société rurale du 19eme siècle, le refus de la foule de reconnaître l’identité veritable de la victime… sont recopiées presque mot pour mot du livre de Corbin, ainsi que les citations des témoins et des prévenus.
2°) Teulé en rajoute (comme si c’était la peine…) dans le gorre en injectant dans son récit des scènes de tortures qui se sont effectivement produites, mais pas à cet endroit et plusieurs décennies avant, et d’autres qui sont purement et simplement inventées ou inspirées des ragots de l’époque, (c’est le cas notamment des actes de cannibalisme) . Et là encore, il puise sans vergogne dans l’abondante documentation historique fournie par Corbin. Jusqu’au titre de son torchon qui n’est pas établi: devant les dénégations énergiques de Bernard Mathieu devant la cour, le témoin a retiré ses accusations.
3°) Teulé invente de toutes pièces un épisode sexuel digne des pires moment du cinéma trash.
4°) Corbin démontre d’une façon magistrale que le massacre d’Alain de Monéys le 16 août 1870 est un crime politique. Mais il est établi que que les paysans du Nontronnais ont reproché à la victime d’avoir dit “Vive la République” et non pas “A bas la France” comme l’invente Teulé.
Pourquoi cette falsification?
Teulé est un plagiaire et un faussaire, et de plus, la lecture de son livre est détestable. c’est un personnage répugnant.
* Alain CORBIN: Le village des “Cannibales”. Champs Histoire. Réédité en décembre dernier.
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