Une molécule tirée de l’arénicole, un ver marin présent en abondance sur les côtes, est riche de possibilités en matière de transport d’oxygène au sein de l’organisme… humain. Hemarina, une start-up de la mer, s’est créée pour l’exploiter commercialement. A partir de la Station biologique de Roscoff comme ManRos.
Arénicole, transporteur. Pour être simple la carte de visite du ver marin, arenicola marina, n’en est pas moins prometteuse. Après vingt ans de recherche, une équipe de recherche en écophysiologie du CNRS sous la direction de Franck Zal, a découvert chez ce ver marin, plus connu pour servir d’appât aux pêcheurs, des propriétés étonnantes. En effet, son hémoglobine possède des caractéristiques exceptionnelles. « Elle est extracellulaire (non englobée dans des globules rouges), sans typage sanguin, avec un poids moléculaire est 50 fois celui de l’hémoglobine humaine. Anti-oxydante intrinsèquement, elle est dotée de propriétés fonctionnelles de fixation et de libération de l’oxygène proches de l’hémoglobine humaine », indique Franck Zal.
Basé à Roscoff, il vient de créer Hemarina, en compagnie de Morgane Rousselot et John Thébault. Cette start-up spécialisée dans les biotechnologies est dédiée à la recherche et au développement de nouvelles applications médicales des propriétés de Hbam, la molécule d’hémoglobine de l’arénicole. De nombreux prix, parmi lesquels ceux du Sénat dans la catégorie « Sciences de la vie », du ministère de la recherche dans la catégorie « émergence »… ont consacré la pertinence du projet. Et la composition du comité scientifique (1) témoigne des espoirs engendrés par cette découverte. Enfin, la création de la société fait l’objet d’une levée de fonds de douze millions d’euros auprès d’investisseurs enthouasiastes.Une multitude d’applications sur le marché de la santé est envisageable. Hemarina en vise trois principales dans un premier temps.
-Ouais, c’est bon j’arrive. Mais qui cela peut bien être. On attendait quelqu’un ?*
-Coucou
Hallucination. A la porte, trois avatars Mii cherchent à entrer chez moi. Ils ressemblent étrangement à des gens que je connais.
-Allez-y. Ne vous gênez pas
Ils ne se gênent pas et s’installent dans le sofa. Je dis pas canapé, sofa cela fait plus cosy. Je me réinstalle à mon plateau de travail et enroule sous leurs yeux ébaubis des dizaines de cerceaux au Hula Hop super Pro. Nul ne peut retenir cette fièvre sportive. Direction, le saut à ski où je manque d’atterrir dans la foule dévié par les vents dominants, je tutoie les étoiles, é-toi-les. Déchaussé, je me retire au camp des loges montrer aux joueurs du PSG la manière pour ne pas descendre, deux ou trois centaines de têtes, évite leurs lancers de prime de maintien, de bien pleines valises, et me voilà à descendre de la Wii Fit au rythme du step. En descendant puis remontant en cadence sur la machine, j’aperçois par le fenêtre mes voisins. Ils sont tous là, ils sont tous venus. Je les salue de la main et manque de trébucher tant la cadence est soutenue. Ils me retournent mon salut par un simple geste de l’index tournant sur lui-même et dirigé vers le front. C’est important un bon voisinage.
Un marathon sur place
Trève de plaisanterie. Le tour de l’île m’attend. Je viens de les débloquer en passant six heures de rang sur le plateau. Le plateau ? La Cordillère des Andes oui. J’enchaîne les côtes, même pas peur, je double le moniteur. Il se traînasse. Les jeux vidéos c’est pas pour plaisanter. J’accélère, je dépasse ma télévision dans laquelle je manque de trébucher. Emporté par l’élan, me voici au rayon boxe. Je tape, retape, c’est interdit, tape encore. Le mulet explose. Un peu de tendresse pour finir avec la position du roi soleil. Du yoga. Deux ou trois milles assouplissements et me voilà fin prêt. Je m’étire touche un corps qui grogne. Un réveil sonne. La sueur me moite. ** Je me redresse. Les courbatures se font sentir. C’était pourtant marqué sur la notice : faire du sport avant de vous endormir peut troubler la qualité de votre sommeil.
* On connaît tous quelqu’un qui récite cette maxime avant d’ouvrir la porte.
** Du verbe moiter, devenir moite. Je plussoie à ce néologisme.
Une pub qui a sa propre parodie, n'est-ce pas là le début du succès.
C’est une histoire de touillettes manquantes au distributeur de café, de camemberts péruviens et statistiques, de Chili con carne, du misérabilisme de la fonction publique, du je m’en foutisme au travail, de la place du Yucca, face à la fenêtre ou derrière le bureau, de placard, de carte de restauration perdue puis retrouvée, de slides sur la productivité, de l’Affaire qui secoue la République, de cuvée du Chaman, de secrétaire administrative au sein de l’administration, de la venue de le, de la, de le-la ministre, e questionnaires qualitatifs, de biotopes sociologiques, de messagerie interne, du prix du repas à Paris, de vacances, de My Funny Valentine, de fils de, de poésie, de kit pour réaliser soi-même une affaire médiatique, d'absurdité, de surdité, de tout cela oui mais d’un point de vue administratif.
D’un point de vue administratif, de Francis Mizio. Editions Baleine. Francis Mizio est également l'auteur d'un blog sur Rue 89.
A peine payée à la caisse du supermarché, déjà des résultats : une taille de guêpe et des tablettes de chocolat, cinq !, et je fais le grand écart entre deux chaises. Trop facile, le kung-fu.
Cette semaine "Europe 1 m'a tuer", peut marmonner Pascal Sevran. Avec un peu d'avance, la station de radio a annoncé le décès de l'animateur de télévision. La faute à Jean-Pierre Elkabbach diront les uns, "Traisez-vous Elkabbach !", la faute à la recherche incessante du scoop pour les autres. Bon, ce n'est pas la première erreur retransmise en chaîne, mais pour le premier intéressé ce n'est sûrement pas de bon aloi. Petit avantage : cela permet de savoir qui viendra à son enterrement. A commencer par Jack Lang qui, révèle le Carnard Enchaîné, a su prendre la parole pour témoigner de son admiration pour Pascal Sevran-Tintin pendant les dix minutes qu'a duré la confusion. Mais Europe 1 n'en était pas à son premier coup d'essai dans la confusion. En effet, l'élection de Miss France 1987 avait déjà donné lieu à un certain nombre de rebondissements, je parle du résultat. A vous Guy Lux. (Information émergée d'un blog d'un passionné des miss)
Le covoiturage aujourd’hui, c’est tendance. L’idée de mutualiser l’usage de sa voiture en y montant à plusieurs pour le même trajet remonte à l’invention de l’autostop par Monsieur Autostop. Si cette pratique avec l’augmentation du multi-équipement en voitures individuelle a sombré, elle conserve pour le moins tout son intérêt du point de vue environnemental, moins d’émission de CO2 par passager, et sur le plan financier. Même si sur ce point la hausse du prix du litre de carburant est à relativiser. Nul ne conteste cette augmentation dans l’absolu. Mais comparer au salaire moyen à l’heure par exemple, il faut deux fois moins de temps de travail pour se payer un litre de carburant que dans les années 80. Comme souvent les consommateurs sont très sensibles à des prix emblématiques comme celui du carburant l’est, on touche à la dimension symbolique, la liberté, la mobilité, l’indépendance, liée à l’automobile, et peu aux notions les plus élémentaires d’économie. Les dépenses incompressibles ont augmenté, le loyer, les dépenses en communication, et le prix du carburant fait l’objet de beaucoup de fantasme. Bref, passons, le covoiturage est néanmoins une solution pertinente. Le Conseil général du Finistère en fait l’expérience depuis 2005. Cette année-là, il confie à Olivier Branellec, de l’agence Hippocampe, le soin de monter une plateforme internet pour recevoir offres et demandes de covoiturage. Et cela fonctionne. Si bien qu’Olivier Branellec va vendre la solution Roulezmalin à d’autres conseils généraux à travers la France et à des entreprises privées, telles Suez, La Poste, MétroFrance, RégionsJob. Les internautes ne seront pas oubliés non plus. La site repose sur l’interactivité avec des fils RSS qui permettent d’agglomérer l’ensemble des offres et demandes des sites partenaires, la cartopgraphie des trajets avec Googlemaps, la possibilité de recevoir les offres sur son portable…
(Photo Simon Cohen)
Embouteillage sur le marché
Sébastien Le Corfec, l’associé d’Olivier en la matière et dirigeant d’Evernet Studio, et développeur du site, prévoit la mise en place de widgets qui pourra aller sur des blogs, FaceBook et autres sites 2.0 pour proposer des offres. Un partenariat a d’ailleurs été noué avec le Stade de France en prévision du prochain concert de David Guetta. Les spectateurs pourront ainsi trouver des offres de covoiturage sur le site du Stade de France. « Nous pensons segmenter de plus en plus nos offres. Par exemple pour les supporters d’équipe de foot, lors de leurs déplacements, ou encore pour les étudiants… Les possibilités sont infinies ». On imagine très bien aussi des sociétés de location de véhicules être intéressés par cette solution moderne, dans l’air du temps et qui ne remise pas la voiture au garage. Le sémillant chef d’entreprise prévoit une augmentation de capital de sa SARL Roulez Malin dans les prochaines semaines, 100 à 150.000 euros d’apport supplémentaires par deux chefs d’entreprises bien connus dans le Nord-Finistère. L’idée pour lui est d’occuper très rapidement le terrain sur un marché concurrentiel. Cinq sites majeurs bataillent sur ce marché. Tous ne rencontreront pas le succès. Avec 500.000 euros de chiffre d’affaires prévus cette année, Roulezmalin compte bien être de ceux-là. Et tant pis pour les autostoppeurs freelance.
Mikaël Cabon, à Brest
(Contact pour acheter un article sur cette société : mcabon@gmail.com)
Réseau Santé propose ses services en tant que centrale de référencement, voire d’achats, de structure de conseil pour près d’un tiers des 1.100 officines bretonnes. Bernard Moyon, son dirigeant, revient dans cette interview sur l’offensive menée par les grandes surfaces et en particulier Leclerc, sur la possibilité d’y vendre les médicaments déremboursés.
Michel-Edouard Leclerc souhaite vendre des médicaments déremboursés dans son enseigne. En quoi est-ce inquiétant selon vous ?
Nous avons l’impression de revenir 20 ans en arrière. En 1988, sous la pression de Leclerc et de Mammouth, le gouvernement avait permis aux grandes surfaces de vendre les laits maternisés. Déjà on nous annonçait que les prix seraient inférieurs à ceux des pharmacies. Et ce alors que nous les vendions presque à prix coûtant, une tradition depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Des enquêtes récentes (nous avons fait constater les prix par huissier) montrent que ces laits sont aujourd’hui plus chers dans les GMS que dans les pharmacies. Voilà la dure réalité des chiffres. Leclerc réalise des campagnes de communication massives qui sont mal vécues par la profession, accusée sans qu’elle ait les moyens financiers pour répondre avec la même ampleur. Les médicaments ne sont pas des produits comme les autres. Ils nécessitent une expertise particulière afin d’éviter d’éventuels effets négatifs. L’assurance-maladie dépense chaque année 2,2 milliards d’euros en raison d’un mésusage des médicaments.
Leclerc pose cependant une question pertinente, celle du prix des médicaments…
Le prix des médicaments est fixé par l’Etat qui l’impose aux laboratoires et aux pharmaciens. Quand les médicaments cessent d’être remboursés leur prix augmente inévitablement. Pour plusieurs raisons, primo parce qu’ils changent de taux de TVA, deusio, le déremboursement entraîne une chute des ventes que l’industriel cherche à compenser par une augmentation des prix en les ramenant au niveau du marché européen. Il faut que Monsieur Leclerc comprenne que libéraliser c’est accepter une augmentation importante des prix des médicaments.
L’Union européenne demande avec insistance à la France de libéraliser ce marché. Comment allez-vous réagir ?
Nous demandons aux pharmaciens membres de notre réseau de se mobiliser pour sensibiliser leur clientèle à ces évolutions. De plus, nous cherchons à développer des services supplémentaires, de conseils grâce à la proximité. La santé n’est pas une marchandise. La France se doit défendre cette vision. L’Union européenne s’attaque en ce qui concerne les pharmacies à trois piliers fondamentaux de notre système, la propriété, qu’elle veut voir ouverte à des actionnaires classiques non-pharmaciens, le monopole de distribution, brèche dans laquelle veut s’enfoncer Leclerc, et la répartition démogéographique. Nous sommes dans la situation des stations-service il y a une vingtaine d’années. Elles couvraient le territoire et aujourd’hui ont quasiment disparu. Une pharmacie dans un patelin c’est aussi important qu’un service public, c’est un service public.
Poumons des côtes, majestés aquatiques, les qualificatifs ne manquent pour décrire les laminaires. Leur rôle biologique est essentiel sur le littoral. L’exploitation commerciale et le changement global viennent perturber leur jardin d’Eden.
En l’espace de huit ans, les récoltes bretonnes de laminaires, de l’espèce Laminaria digitata, ont chuté de 65.000 tonnes par an à 50.000 tonnes (1). Quelles en sont les raisons et quels impacts écologiques, sociaux et économiques ? Ce sont les questions auxquelles le projet Ecokelp cherche à répondre.
« Dans un premier temps, l’idée est de connaître l’état démographique des forêts de laminaires en déterminant les périodes de mortalité et de recrutement », explique Myriam Valéro, directrice de recherche au sein de la station biologique de Roscoff au sein du département « Evolution et Génétique des Populations Marines ». Ce suivi prend également en compte les espèces associées aux laminaires en s’attachant à observer celles les plus présentes en nombre. Comme les alcyons, ces brouteurs que l’on trouve en grande quantité au pied des forêts de laminaires, ou encore des éponges. Les focus sur ces espèces permettront de réaliser un bilan de la chaîne trophique. « Ce sont surtout des espèces fixées, des invertébrés marins ou des algues. Nous excluons par exemple les poissons qui par définition bougent et sont donc difficilement dénombrables et observables dans ce cadre », affirme Myriam Valéro.
La scène se déroule à la bibliothèque. Sur l’étagère de mise en valeur des nouveautés se trouve un livre au titre gargantuesque, Swapd'Anthony Moore. Sur la dernière de couverture, l’éditeur se fend d’un texte : « ne commencez ce livre que si vous avez du temps, car vous ne pourrez pas le lâcher ». Cela ressemble à Apostrophes avec Bernard Pivot qui promet le remboursement d’un livre de William Boyd, le fabuleux Comme neige au soleil. Sauf que l’éditeur n’est pas Pivot c’est Liana Levi, l’éditrice de Iain Levison (sans le n que certains lui attribuent mais qu’il na pas) mais c’est pas mal non plus. Bref, je n’ai jamais le temps donc rira bien qui rira le dernier. L’incipit est le suivant : « Superman, numéro un ? ». Ok, avec Superman cela va aller très vite, et puis les premières pages défilent et avec elles un intérêt croissant et pain au chocolat puisque nous sommes dimanche. Alors qu’il est tout jeune, Harvey échange contre un bout de plastique une bande-dessinée qui s’avère prendre de la valeur avec le temps qui passe. L’échangiste, pardon, l’échangeur n’est autre que Bleeder Odd, le souffre-douleur du collège. Cet acte d’apparence anodin va littéralement changer la vie d’Harvey. Devenu libraire en BD à Londres, il ne pense plus qu’à cet exemplaire de Superman dont la côte d’occasion explose pour atteindre 200.000 dollars. A l’occasion d’une fête des anciens de son école, il revoit ses amis d’enfance et Bleeder. Là débute une autre aventure. Et je ne vous en dis pas plus car « si vous avez du temps, vous ne pourrez plus le lâcher ».
NB : Swap vient de l'anglais. Il signifie échanger. C'est un outil financier utilisé dans les flux financiers interbancaires notamment.
J'envie ceux qui ne connaissent pas Pierre Desproges, n'ont jamais vu ses spectacles, lu ses livres, goûté au sel de la vie. Pouf, pouf. Françaises, Français, Belges, Belges, lecteur chéri, mon amour, voilà qui peut facilement trouver sa solution. L'auteur de "si le chat n'est plus sur mémé c'est qu'elle est froide" ou encore du dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis revient sur le devant de la scène à l'occasion du vingtième anniversaire de sa mort. Et il est fort aidé de trouver dans les éditions de poche son bonheur. Je ne pourrai vous les prêter. La plupart de exemplaires en ma possession ont disparu, faute de retour des personnes à qui je les avais prêtés. C'est le signe de bons livres.