Archives pour mars 2008

D’habitude, celles qui apportent repères et sérénité, je ne commente pas les bandes-dessinées que je lis. A raison d’une dizaine par semaine, merci la bibliothèque, la tâche serait ardue. Comme toutes les règles font souffrir les doigts sur lesquelles elles tombent, celle-ci aura désormais son exception. Dans American Born Chinese, Gene Luen Yang, raconte l’histoire d’un enfant américain d’origine chinoise, d’où le titre si mes notions d’anglais sont toujours okay. A l’occasion d’un déménagement, le jeune Jin change d’école et quitte le chinatown de San Francisco pour se retrouver dans une école « blanche », seul « enfant banane ». Il y découvre les railleries dont les enfants sont friands à l’encontre de tous ceux qui sont différents. S’entremêlent dans le récit, un conte chinois, celui du roi-singe, et la réalité de l’existence de Gene. Dans un style graphique maîtrisé, l’auteur signe ici un graphic novel resplendissant.

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On le subodorait, on le pressentait, le redoutait, mais l'évidence apparaît sous nos yeux : la Chine est une superpuissance, pas encore économique mais c'est en cours (je suis en train d'écrire un thriller sur le sujet), certainement pas militaire, dispendieuse sur le plan diplomatique, mais superpuissance sur le plan médiatique et philosophique. Comme le dit Pierre Haski, sur Rue89, "Mais surtout, ce qui est sous-estimé en Europe, c'est à quel point l'état d'esprit chinois a changé: les dirigeants, mais aussi l'élite urbaine, ne sont plus d'humeur à se laisser donner des leçons par un Occident largement dévalorisé à leurs yeux". C'est ici un point central du changement qui nous attend. La conscience chez les Chinois d'une forme de supériorité de civilisation. En réinventant un modèle de société, le capitalisme sans la démocratie, la Chine opère un changement majeur dans son histoire, cela va de soi, qui pourrait occasionner de nombreuses perturbations à l'échelle planétaire. Pendant longtemps, les asiatiques ont souhaité copier le modèle occidental. Désormais, en le phagocytant, ils cherchent à composer leur propre modus vivendi. Pour nous occidentaux, c'est à la fois inquiétant et enthousiasmant.
 
Lire aussi sur le sujet :
- "Les services secrets chinois, de Mao aux JO", de Roger Faligot. La démonstration de l'universalité de la Chine par ses services secrets.
"Quand la Chine change le monde", d' Erik Izraelewicz. L'explication de l'hégémonie potentielle de la Chine par son économie.
- "Cinq ans en Chine", de Pierre Haski. La narration de la Chine d'aujourd'hui, entre nattes et nouilles et grattes-ciels et portables.
 
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Jeff Buckley - Hallelujah
Vidéo envoyée par magik-man2

Une reprise d’une chanson de Leonard Cohen, rendue célèbre par Shrek.

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On connaît mieux Didier Tronchet pour ses bandes-dessinées, Jean-Claude Tergal, que pour ses écrits, il est notamment l’auteur d’un traité de vélosophie, « le monde vu de ma selle ». Et pourtant, c’est avec un sens de la drôlerie singulier que Didier Tronchet conte sa rupture avec Isabelle, sa compagne, sa douce, sa dulcinée, son absente. Car Isabelle est partie. Un 29 février. Elle a laissé un mot sur le couvre-lit : « Je te quitte Jean-Claude ». Une formule « qui ne laisse que peu de place à l’interprétation ». Ce départ est l’occasion pour notre anti-héros de se laisser à l’introspection, l’activité préférée des solitaires. Quoique. De saillies en aphorismes, de calembours en camembert, pouf, pouf, la vie de Jean-Claude s’embrume sous nos yeux. Les rapports avec les femmes, les rapports avec l’infâme, la femme au rapport, une femme dans chaque port, no woman, no cry.

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Action discrète soutient les étudiants

En prévision des prochaines grèves étudiantes et en souvenir d’un passé pas si lointain.

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Le film de Dany Boon, Bienvenue chez les Ch'tis, connaît un succès fulgurant. Si bien qu'une grand-mère en passe d'acheter Voici à la maison de la presse de la rue Algésiras cet après-midi en contait, par le menu, le déroulé à la vendeuse. "Et vous l'avez-vu le film ?", demande cette dernière. "Non, pas encore. Mais il paraît que cela va dépasser en entrées la Grande glandouille", rétorque la vieille dame. Quand le succès appelle le succès. Un des plus grands principes du marketing. Pour satisfaire, les millions de visiteurs de ce blog, voici son contenu traduit en ch'tmi en cliquant ici. Propulsé par ce site.
 
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Beirut - Nantes

A take-away show.

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En voilà un qui a tout compris du monde moderne. Un thème porteur, le travail, une promesse, travailler moins, un slogan, gagner plus. Timothy Ferriss fait coup triple avec cet ouvrage, la semaine de quatre heures, paru chez Village Pearson. Au long des deux cent pages que comptent le livre, l’auteur raconte comment il a fait pour pouvoir voyager autant qu’il le fait, se faire du blé comme un moissonneur de la Beauce du temps de la politique agricole commune, et se focaliser, ô diagramme de Pareto, sur les 20% de clients qui rapporte 80% du chiffre d’affaires. Propriétaire d’un site internet de ventes de produits alimentaires de complément, type gélules qui rendent plus fort, l’homme s’appuie sur son expérience, et sur celles des personnes rencontrées dans le cadre de l’écriture de son livre, pour montrer que cette utopie est possible, n’en déplaise aux esprits chagrins qui pensent toujours que travailler dans les mines apportent plus de bonheur que de se la couler douce un verre de jus d’orange à la main en regardant l’océan Pacifique poursuivre son travail de sape contre les rochers d’Australie et de Californie.

AWL : Amreican Way of Life

Timothy Ferriss croit beaucoup, et c’est peu de le dire, à l’automatisation des tâches. C’est-à-dire à la possibilité qui nous est donnée dans un monde moderne, de dénicher un(e) assistant(e) dans un pays du sud en charge des affaires urgentes comme d’envoyer une lettre de réconciliation à sa chère et tendre, la terre serait donc plate comme le dit Thomas Friedman dans son livre éponyme, d’utiliser les FAQ (Frequently Asked Questions, questions fréquemment posées) sur son site internet pour répondre aux dérangements des clients (J’ai essayé de lui envoyer un message comme il y invite dans son livre, et effectivement l’envoyeur reçoit un message en retour l’invitant à consulter la FAQ du site de l’auteur). Bref, cela sent bon la semi-retraite, les soirées au Macumba discothèque à Palavas-les-flots, les vacances 13 mois par an. Sauf que, si le ton de Timothy se veut aussi enjoué qu’un américain puisse l’être, si les questions qui sont posées sur le sens de sa vie professionnelle valent le coup de la réflexion, il n’empêche qu’il y a un hic : la déferlante de promesses que la vie peut changer aussi vite qu’une expédition punitive d’emails. Notre Timothy assène ses propos comme étant autant de vérités indubitables que cela en devient troublant. Et l’on referme ce livre, rosi, légèrement honteux d’avoir pu espérer lors des 100 premières pages que ces propos puissent avoir dit vrai. La pile de linge attend, les dossier sur le bureau aussi, les collègues sont troublés de voir ce livre dans notre bibliothèque, les amis s’inquiètent, « tu ne vas pas faire une bêtise tout de même ». Bienvenue au technocentre de Guyancourt.

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La dernière fois que j’ai entendu parler de Joseph Connolly, c’était dans l’hebdomadaire Elle. Un auteur à femmes donc. Et pourtant c’est à une démystification de la gent féminine que se livre l’auteur britannique dans son dernier roman paru en poche, l’amour est une chose étrange. Dans l’Angleterre des années 40, les Coyle sont une famille comme les autres. La deuxième guerre mondiale a laissé des traces. Face à la société de consommation qui pointe le bout de son nez, Arthur, le père joue un double rôle. Autoritaire chez lui, il se veut distant de ses propres enfants et se prive pas « de visites nocturnes » à sa fille, Annette. Totalement dépassé par les événements, il joue aux cartes en y laissant une petite fortune et s’adonne aux joies des alcôves pour se libérer de la pression de la défaite. Jusqu’au jour où la télévision entre dans son foyer. Afin de régler l’antenne de réception, il monte sur le toit. Et sa fille le pousse dans le vide. Il s’écrase quelques mètres plus bas libérant sa famille du poids de sa monstruosité. Sa fille n’avouera son crime que quelques années plus tard après être sortie du couvent irlandais sordide qui fut le sien durant quelques années de pénitence. Revenue à Londres, elle ne veut pas tomber dans la désespérance de son enfance et monte un commerce de jeunes filles accortes dans lequel elle entraîne, presque sans le vouloir, son jeune frère, Clifford, Cliff pour les passionnés de musique, puis sa mère, Gillian, qui vient organiser ses affaires alors que chacun la pensait soumise, totalement en décalage avec ces mœurs étrangères à son éducation. Avec le style qui est le sien, où les dialogues intérieurs s’entremêlent, Joseph Connolly livre ici un roman sulfureux dans le thème.

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Libération tentait dans son édition du jeudi 13 mars une expérience intéressante : confier la rédaction du journal pendant un jour. France 5 en a tiré un reportage accessible gratuitement en VOD à l'adresse suivante : http://www.france5.fr/videos/?id=2339.

 Erik Orsenna en est le rédacteur en chef. 

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Martin Vidberg a du talent. Vous avez pu voir ses dessins pour une publicité à la télévision ou bien dans le Journal d'un remplaçant, une fable contemporaine sur le métier d'enseignant, empreinte de douceur et de tendresse. Le revoici avec l'actu en patates. Vindberg_1.gif

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On la croyait dépassée, tout juste bonne à servir la soupe aux présidents en goguette au salon de l'agriculture, la vache souffrait d'inutilité, de ne servir que que de pis-aller. On l'accusait de tous les maux, du réchauffement climatique par exemple. Le méthane de leurs pets serait responsable de 4% des émissions de gaz à effet de serre. La vache !
Oublié son statut chez les Masaïs, sa vénération chez les Hindous, la vache sombrait dans l'oubli, voire le dégoût, tout juste bonne à la confection des hamburgers.
 
Le renou-veau de la vache 
Mais comme "après la pluie vient le beau temps", comme se plaisait à dire la voisine de ma grand-mère, la vache se décide enfin à sortir le grand jeu, ses atours qui sont autant d'atouts et à révéler à la société toute entière un caractère plus sympathique. Plus question de finir dans le classement des produits les plus inflationnistes, comme ces parts de fromage qui ragent, non, voilà la vache nouvelle est arrivée. Deux sociétés de vente de yaourts capitalisent sur cette image. La première est Stoneyfield qui appelle les électeurs à exiger du bio dans les cantines scolaires. Ce qui tombe assez bien car ses produits sont justement bio et que les élections municipales approchent. Et Michel et Augustin qui jouent de leur identité pour affirmer le caractère décalé de leurs produits. Et leur troupeau ne cesse de grandir. Et il ne regarde plus le train, mais le prend.
 
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