Archives pour novembre 2007

Paru sur ZdNet et sur Agoravox. A écouter ici.

 

A quelques jours de la journée sans celuidontontairalenom dans les médias, le 30 novembre, interrogeons-nous sur celles et ceux qui prendront sa place, un jour et un jour seulement. A moins de quatre mois des élections municipales, les candidats ne se privent pas de cet outil de communication qu'est internet. Les ministres du gouvernement de François Fillon non plus. Comment préparent-ils cet événement ?

Mention spéciale à Hervé Novelli

Hervé Novelli est sans conteste le recordman en la matière. 40 photos plus une vidéo sur une seule page internet. Le secrétaire d'Etat aux entreprises mérite bien la première place au classement de l'hebdomadaire satirique le Canard Enchaîné « Ma bobine est partout ». Si bien que Christine Theguard, ainsi surnommée pour sa tendance à l'anglicisime, s'en est même offusquée.

Sur son site personnel, Hervé Novelli ne résiste pas non plus à figurer sur les photos. Hervé Novelli en déplacement, Hervé Novelli en visite d'entreprises, Hervé Novelli qui remet des médailles. De quoi rentabiliser un investissement dans un appareil photo numérique nouvelle génération. Dix photos sur la page d'accueil.

Moins cependant que Bernard Laporte qui, malgré la loi qui impose aux membres du gouvernement de ne pas faire de publicité pour des marques commerciales, reste présent en force sur le web. Surtout sur les sites de partages de vidéo en ligne mais aussi sur les sites web de ses sponsors. La quasi-totalité de ses seize partenaires a retiré la mention de Bernard Laporte. Mais sur le web les traces ne s'effacent pas facilement. De son côté, le ministre de la défense, Hervé Morin, a fermé son blog après son ralliement à celuidontontairalenom et l'a remplacé par un site plus officiel, plus bleu aussi. A la guerre comme à la guerre. La secrétaire d'Etat à la ville a de son côté « un blog qui déchire sa mère », mais pas les commentaires. Moins en tout cas que son blog sur la plateforme Skyblog avec 1.271 keums et meufs dans sa bande et plus de 10.000 com's.

 

Plus exotiquen sur son blog, je sénateur de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, raconte les difficultés de la vie au bureau national ainsi que quelques uns de ses voyages.

Valéry Giscard d'Estaing quant à lui a compris que pour un bon référencement sur internet et fidéliser ses lecteurs il est préférable de tenir un site spécialisé En l'occurence, et cela ne surprendra personne, sur l'Europe. Turbiné par Dotclear, VGE met à la page l'ex, quand Jacques Chirac se montre d'une discrétion qui confine à l'effacement S'il avait réussi à éteindre une tentative de site parodique en 2005, rien de tel ici.

L'Angleterre en version béta

 

Il y a quelques mois, je m'étais gaussé du peu de notes sur le blog de Lionel Jospin, ce qui m'avait valu quelques remontrances. Dont acte. Le blog de Lionel Jospin est mort le 20 mars, si près du printemps. Effacé par l'activisme de celui dont on taira le nom, François Fillon tient son propre blog. Il y revient par exemple sur le buzz dont on a fait l'objet une vidéo suite à une interview sur Europe 1 où il indiquait, d'un air contrit, être contraint de laisser sa place à celui dont on taira le nom.

Enfin, la palme revient à un britannique. Histoire de compenser l'élimination de l'équipe de foot anglaise, le premier-ministre fantôme (the shadow cabinet prime minister), leader des concervateurs, David Cameron, multiplie les interventions sur webcameron, toujours en version Béta, cela ne s'invente pas. L'événement permanent dans la droite ligne d'une société de l'immédiateté tenue par la dictature du court-terme.

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Alors voilà comme cela c'était si simple de lutter contre le téléchargement illégal. Il suffisait de confier une mission à Denis Olivennes, de la FNAC, et un rapport sénatorial à Janelly Fourtou, l'épouse du président d'Universal et élue, pour que tous les problèmes soient réglés. Certes, la question du téléchargement illégal relève de la gageure pour l'industrie musicale. Télécharger illégalement c'est voler. Des artistes (Jean-Louis Murat en parle bien, et avec sincérité), des industriels, des intermédiaires.

Mais la solution ne réside pas dans la sanction permanente ou bien c'est toute la France qui va se retrouver en prison. Le problème de l'industrie du disque c'est qu'elle en train de mourir faute d'avoir su assumer sa mutation. L'émergence de la musique numérique, "circulez, y'a rien à voir", entendait-on il y a quelques années, "cela ne fonctionnera pas", allez dire cela à Steve Jobs, le P-DG d'Apple qui exploite ITunes et IPod. Le retour des vinyles et des 45 tours qui constituent un marché, petit mais marché tout de même. L'insipide soupe des chanteurs du Top 50 dont peu mérite leur succès, tellement formatés pour se conformer au marketing de l'entertainment qu'ils en perdent leur identité. Artistes interchangeables. 

Quand on est passé pour nos déplacements de la brouette à la voiture, on n'a pas empêché l'ouverture des concessions automobiles. C'est la même chose ici. Les industriels du disque défendent d'abord leur vision du marché. Une vision qui assure de confortables marges. Faute d'avoir su prendre les virages quand ils se présentaient, les voilà dans le mur, et ce serait au contribuable (via le passage à la TVA à 5,5% ou encore le crédit d'impôt pour les producteurs de disques) de payer pour ces mauvaises orientations stratégiques comme par exemple les DRM sur les titres achetés légalement qui empêche de lire un titre sur d'autres médias (son baladeur, son autoradio). Une habitude trop française de mutualiser les risques et de privatiser les profits dont on peut espérer connaître le chant… du cygne.

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 Libération nous informe aujourd'hui sur le thon rouge et sur la décision de la Cicta… de ne rien faire. Voici deux articles publiés dans la Tribune qui relatait en septembre 2006 cette situation ubuesque.

"Il y a un mois, il s’en est fallu d’une arête de sardine que le thon rouge ne bloque le port de Marseille. Thoniers de Méditerranée et le Rainbow Warrior II se retrouvaient face à face à l’entrée du port français. Invectives, menaces, tensions, les deux parties s’accusaient réciproquement des causes du désordre. Avec ce mode opératoire, Greenpeace cherche à alerter l’opinion publique mondiale sur les menaces pesant sur les océans en prenant appui sur le poisson le plus emblématique de la méditerranée : le thon rouge. Pêchée depuis plusieurs millénaires, cette espèce connaît une surexploitation de ses stocks en Atlantique et en Méditerranée. Malgré les quotas.

Car ceux-ci ne sont pas respectés. On peut estimer au double du quota de 6.000 tonnes les prises des thoniers français. Le thon rouge sert à alimenter un marché en plein développement et qui peine à se rassasier : les spécialités culinaires japonaises, sushi et autres sashimi. Les importateurs nippons achètent le kilo de thon rouge entre 20 et 50 euros, et peuvent monter jusqu’à 1.000 euros pour certains spécimens de haute qualité ! Un véritable magot pour les armements qui déploient des technologies dignes des cadors de l’espionnage pour trouver les bancs de poissons : satellites, avions de reconnaissance, sonars ultra-sophistiqués, GPS… Indispensable aussi pour rentabiliser des investissements considérables. Un thonier senneur vaut entre 3 et 5 millions d’euros.

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Daft Hands - Harder, Better, Faster, Stronger

Incroyable, l’invention de la musique techno, sans musique et presque sans techno, mais avec les mains.

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Mercredi, c'est le jour des enfants. Et ce mercredi, jour exceptionnel, je serai l'invité de France Bleu Breizh Izel à partir de 14h20 pour parler de mon blog. Après la RTBF, la chaîne de télévision belge, autant le dire, en Belgique, je suis considéré comme le ferment de l'identité nationale, les pages éco de Yahoo, la lettre 12.15 du journal Le Monde, voici venu le temps des rires et des chants sur la plus écoutée des radios locales. A vos postes.
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Les prix Nobel de littérature de ces dernières années ont les livres qui sentent parfois un peu la naphtaline. Ils savent écrire, sans conteste, c'est même pour cela qu'on les récompense, mais au niveau de la force de l'intrigue, du sens du propos, de la vivacité du récit, cela laisse parfois un peu à désirer. On se croirait trop souvent chez Mémé à prendre le thé. Elle vient juste de s'endormir, cela sent un peu le renfermé, le chat dort, et l'on entend le doux bruit du réfrigérateur. On n'est pas malheureux, mais on n'est pas heureux non plus. 

Il en va tout autrement chez Jose Saramago. Nobelisé en 1998, d'habitude les seuls portugais sont soit footballeur, soit explorateur, l'écrivain est au sens propre comme figuré, engagé. Dans une capitale d'un pays européen, le Portugal, cité qu'une seule fois, une élection se déroule un jour d'élection comme il se doit. Pendant toute la journée, le président du bureau et ses assesseurs s'inquiètent de ne voir que peu de leurs concitoyens se déplacer pour voter. Vérification faite, la situation est la même dans tous les bureaux de vote de la capitale. Puis d'un coup, d'un seul, arrivent des hordes d'électeurs, mobilisés du dernier instant. Au final, au dépouillement, 83% de la ville a voté blanc. Stupeur et tremblement, sur les bancs du gouvernement qui ne comprennent pas l'affront ainsi fait à cette chère démocratie. Un pas en amenant un autre, la capitale est décapitalisée, coupée du reste du pays pour éviter la contagion, et la recherche du coupable, du bouc-émissaire fait rage pour tenter de trouver une explication rationnelle à une situation qui ne l'est pas. Les "blanchards" paieront leur non-alignement. Dans un phrasé très particulier, car l'auteur de l'Aveuglement doit avoir un compte à régler avec la ?;,!:. ponctuation, l'auteur réussit à captiver le lecteur en l'entraînant progressivement dans cette folie que seule la politique peut justifier. 

En vente chez Dialogues 

 

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Avant de les coucher, je raconte tous les soirs une histoire à mes filles et je leur lis le Petit Quotidien, un journal pour enfants où il m'arrive d'apprendre des trucs. Cela prolonge la journée et s'avère être un moment d'interrogations et de questionnement privilégié. Curieuse, comme savent l'être les enfants, mon aînée aime beaucoup les étoiles, les planètes, tout ça. Un reste de notre visite à Washington au Musée de l'espace, de la Cité des Sciences, avec une expo sur Mars, ou encore de l'observatoire de Saint-Renan où l'an passé, on avait vu Jupiter à travers le téléscope. Bref, l'autre soir, avant que je n'éteigne la lumière, elle me glisse :

- Dis papa, pourquoi Pluton ce n'est plus une planète ?

- Eh, bien tu sais, des scientifiques ont décidé à l'été 2006 que ce n'était plus une planète comme les autres pour plein de bonnes raisons et la première c'est que Pluton n'a pas fait le ménage autour d'elle en agrégeant les masses qui l'entourent comme l'ont fait les autres. De plus, si Pluton est une planète, d'autres, équivalentes, le deviennent alors. Au lieu de transformer en planètes, quatre ou cinq masses du système solaire, on a préféré enlever une planète que l'on appelle désormais planète naine parce qu'elle est très petite.  

- Elle a disparu alors ?

- Non, elle existe toujours. Elle a juste changé d'appellation, de catégorie.

- Mais tu sais, moi j'veux pas qu'elle parte Pluton

- Elle ne partira pas. Elle est toujours là…

- … je l'aime beaucoup Pluton.

- Tu sais Poème, elle reste là, toujours pareille.

- Moui, mais je l'aime beaucoup moi.

- Et pourquoi tu l'aimes tant que ça, Pluton ?

- Parce qu'elle commence par un P comme moi… et toi, papa.

 Un narcissime attendrissant.

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Nota. La disparition de la liste des planètes suppose désormais de trouver un autre moyen mnémotechnique pour se souvenir des huit planètes du système solaire.  Echolalie propose : Mais Vous Tombez Mal J’ai Sacrifié Une Naine (Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune). Voici la mienne :  Marthe Villalonga, T'as encore oublié de Mettre ta Jupe avant de Sortir Usiner ton Nénuphar. 

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My generation, par The Zimmers

Ils cumulent 3.000 ans à eux tous. Ils sont vieux, n’en n’ont ni honte ni peur. Ils sont anglais et montrent qu’il n’y pas d’âge pour arrêter de se prendre au sérieux et montrer que les plus de 70 ans ont aussi une valeur ajoutée pour la société.

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Avec l'automne va tout s'en va. Et les prix littéraires arrivent. En voici la liste complète sur le site Evene.

 Ci-dessous la couverture de Chagrin d'école, de Daniel Pennac, invité-surprise du Renaudot 2007.  

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Dans la jungle de la blogosphère, il est parfois difficile de trouver des sources fiables, dignes d'intérêt et pour tout dire : pro. En voici une dont le mérite réside dans la capacité à rendre abordable et à expliquer les enjeux de notre époque à travers le prisme Politique, avec un grand P, sans être partisan : http://www.politique.net/

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” Une phrase c’est un sujet, un verbe, un complément. Pour un adjectif, me prévenir. Au premier adverbe vous êtes viré !". Pierre Lazareff. 

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Paru dans la Tribune

Les goélands pourraient le confirmer. Au Guilvinec, les temps ne sont plus ce qu'ils étaient. Eux qui attendent avec impatience leur pitance du jour ne feront pas la fine bouche sur les quelques rejets du navire et se le disputeront ardemment. Dans le même temps, le personnel de la criée débarque la pêche du Brocéliande sous les yeux d'une quarantaine de badauds. Brocéliande, Arc-en-ciel, Celtica, Agrion… ici les bateaux ont un nom et une histoire. Un marin embarqué sur l'armement Bara passe par-là. Après quinze jours de pêche, son chalutier vient de rentrer au port. Ses yeux cernés par la fatigue de ce métier besogneux, il affirme que "pour rien au monde, [il] ne voudrai [t] que [ses] fistons entrent dans ce métier. Trop dur". Pas de meilleur augure pour la profession qui peine à recruter.

Ils sont nombreux dans les ports à partager la passion de la mer mais à refuser cet avenir à leur progéniture. Les travailleurs de la mer doutent du futur. Un collectif de réflexion pour la pêche artisanale appelle d'ailleurs à une refonte du dispositif de formation des marins. Sa rémunération lui est satisfaisante. Le surcoût du gazole obère tout de même de 20 % de ses revenus. Avec ses 25 tonnes de gazole par marée, il entraîne une hausse des charges de 3.500 euros par campagne pour son navire. Considéré comme une charge commune, le coût du gazole est défalqué du chiffre d'affaires de la marée. Quand il augmente, la part qui revient à l'équipage baisse d'autant. Et ce n'est pas la "godaille", une sorte de prime donnée en poissons à la fin de la marée, qui peut compenser cette perte sèche.

À quelques encablures se dresse le musée Haliotika. Voulu par les édiles locaux, il accueille près de 30.000 visiteurs à l'année et retrace l'histoire maritime du Guilvinec, cette ville née de son port. D'aucuns, tels Armand Le Cosser et Robert Bouguéon, patrons pêcheurs, désespèrent que ce ne soit un jour la seule référence à la pêche qui demeure au Guilvinec. Vision un peu catastrophiste qui démontre la hantise des portuaires : être privé de l'élément majeur de la construction de leur identité. Car en plus d'être une activité économique aux nombreux emplois induits, la pêche caractérise la Bretagne aussi bien que son agriculture. En tout Breton sommeille un marin qui ne veut pas mourir…

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Tout commence par une promesse. A Rennes, invité par le Goncourt des lycéens, Erik Orsenna et Patrick Rambaud disent oui à une demande pressante de la salle : "Avec votre talent, dit-elle, expliquez-nous, contez-nous la grammaire". Le pari sera tenu par Erik Orsenna avec ses historiettes recueillies dans La grammaire est une chanson douce, les Chevaliers du Subjonctif et la Révolte des Accents. Trois livres, autant dire un trio. Bref, manquait à l'appel Patrick Rambaud (auteur de L'idiot du village, Mort d'un ministre et du Journalisme sans peine, une parodie, non un pastiche, non tristement la réalité des poncifs journalistiques). Préoccupé par sa fresque napoléonienne, La bataille, Il neigeait et l'Absent. et enfin Le Chat Botté. Trois mousquetaires de la littérature française qui replongent le lecteur dans l'épopée napoléonienne (A lire aussi sur la question, les livres d'Armand Cabasson, Les proies de l'officier, La mémoire des flammes et Chasse au loup). Tous lus, tous aimés. Avec La grammaire en s'amusant, Patrick Rambaud joue au jeu des questions-réponses avec son petit-fils, volontairement béotien qui se demande pourquoi lire. Il l'entraîne alors dans l'aventure de la langue française. Les mots virevoltent, le passé s'éclaircit, les moines obèses passent le flambeau à la main, et l'on comprend mieux les pronoms numéraux, l'intérêt des adjectifs qualificatifs, les raisons de leur absence aussi parfois. Autant de leçons, données l'air bonhomme, un peu hype, et finalement très tendance, pour ne pas dire à la mode, dans un monde qui a besoin de règles et de sa grammaire pour mieux s'ordonner.
 
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