« Tous les neuf ans et demi, je revois Amanda ». Avec trois dollars en poche. Cette constance en devient presque un rendez-vous entre Eddie et son ancienne passion juvénile, la tendre Amanda. Fan de Joy Division, « Love will tear us apart again », Eddie vit une vie tranquille auprès de Tanya et de leur fille. Malgré tout, la dépression qui dévore Tanya perturbe cet équilibre. Dans le même temps, par souci d’honnêteté, Eddie est viré de son travail au sein du ministère des mines et n’ose le dire à son épouse. Il retrouve Amanda dans les bureaux de la société chargé de la réinsertion des demandeurs d’emplois. Roman actuel, roman de crise, roman humaniste.
"Zy va, c'est le sbeul t tro relou comme keum. Lâche moi le slip espèce de nuggets sinon j'appelle mon baveux (1)". Si le sens de cette phrase vous échappe, nul besoin de vous demander si ce blog est écrit dans une novlangue pétrie d'innovations sémantiques ou bien de changer de sonotone. Un parce qu'une novlangue est forcément pétrie d'innovations sémantiques et parce que le sonotone ne sert pas à lire. Non, si cette phrase vous est étrangère c'est que vous ne parlez pas l'argot des banlieues. Un site, repris dans cet article du journal Le Monde, revient sur ce langage en proposant un dictionnaire de ses mots et de expressions idiomatiques. On peut télécharger ce dictionnaire au format PDF ici.
1. Ce qui signifie littéralement, "Vas-y, c'est le bordel ici. Tu es trop lourd monsieur le brigadier-chef. Laisse moi tranquille où j'appelle mon avocat". Ce qui en langage châtié, car qui aime bien châtie bien, donne. "Vous n'y êtes pas du tout très cher, et ne faites pas attention au désordre, l'aide-ménagère n'est pas encore arrivée. Prière de ne pas engager un seul pas en ma direction car mon beau-père est bâtonnier. Il pourrait vous en cuire, j'ai des relations dans la police montée".
Xavier Darcos vient d’annoncer la suppression des cours en primaire le samedi matin, à partir de la prochaine rentrée. Il devrait en être de même par la suite pour le collège. Cette mesure semble être plébiscitée par les enseignants, les élèves et les parents. Principal motif évoqué : profiter du week-end. Soit. On avait cru comprendre néanmoins pendant la campagne présidentielle, qu’on allait voir ce que l’on allait voir, et que ceux qui se lèveraient plus tôt que les autres y gagneraient plus. En ce sens, la suppression des cours le samedi matin, est une prime à celui qui reste au lit. Qui dort dîne, voilà qui permettra peut-être de régler l’épidémie d’obésité dans notre société. Au chapitre des avantages, sauf à contenter par complaisance les acteurs du système, voilà bien le seul élément.
La question est globale et dépasse de loin la simple mesure facile
Car si derrière le principal motif de ce changement est le respect des rythmes de l’enfant, c’est l’ensemble du déroulement de l’année scolaire qu’il faut revoir : les vacances d’été de deux mois, la succession vacances-périodes scolaires, aujourd’hui réglée en partie pour permettre aux stations de sports d’hiver de faire face à l’afflux de la clientèle (ce qui en soit est une bonne raison, économique mais pas éducative), le rythme des journées scolaires, souvent décomposées en fonction de paramètres liées à la gestion des effectifs enseignants et des temps de présence dans les équipements techniques (gymnases, salles de TP…) plus que sur les capacités des enfants à apprendre à différents moments de la journée ; les méthodes pédagogiques utilisées. Par ailleurs, quid des activités sportives et culturelles pour lesquelles le mercredi était un jour phare et dont on dit qu’il pourrait servir de compensation aux trois heures perdues le samedi matin. Cette mesure de suppression a tout de la mesure facile, elle contente tout le monde ou presque, mais ne règle aucune difficulté que le monde scolaire éprouve.
Si à l’usage, la mesure pourrait avoir des avantages, son annonce semble précipitée, on ne règle pas la question de l’éducation et des objectifs de celle-ci, à savoir le niveau de connaissances et le développement de l’intelligence pratique, en supprimant stricto-sensu des cours. A mon sens, la période de l’enfance est une période propice à l’acquisition de savoirs de tous ordres, théorique, empirique, le temps des premières relations sociales, des premières habitudes de vie dont on voit à quel point elles peuvent influencer nos existences. L’exigence éducative qui se base sur un travail soutenu, épris de valeurs, de respect, de rigueur mais aussi ludique, enjoué, gai ne peut se satisfaire de mesurettes prises à la va-vite pour réaliser un coup de communication.
Les livres d’enquête et d’investigations, le propre pourtant de toute activité journalistique, n’ont pas le vent en poupe, à quelques rares exceptions près. Sophie Coignard et Alexandre Wickham, célèbres pour leur livre sur la Nomenklatura française ou encore le Rapport Omerta, usent dans Mafia Chic des libertés du roman pour parler de la politique vue de l’intérieur. Arnaud Vitale est magistrat au sein de la XVIIème, une juridiction en charge des plaintes à l’encontre de la presse et de l’édition. Arnaud ne serait qu’un magistrat par d’autres s’il n’était le petit-ami de Laure, la sœur et la chef de cabinet officieuse de Xavier, Premier ministre en titre, et favori de l’élection présidentielle. Xavier souffre de nombreuses addictions, celle du pouvoir, du sexe et de la cocaïne. Pour se fournir en dope il fait appel à un drôle de moine « Frère Roger » qui lui fournit ses doses et organise des parties fines dans un monastère corse. Dans cette collusion des pouvoirs, Arnaud Vitale se fait piéger entre son amour naissant pour Laure et son sens du devoir et de l’impartialité. La plongée dans les arcanes du pouvoir est saisissante. Toute coïncidence avec des faits réels ne serait que purement fortuite…
Le complément alimentaire peut être une alternative au médicament. C’est le sens du projet Lipoeil développé par Yslab et labellisé par le pôle Valorial. « Le vieillissement de la population, le travail sur écran et le port des lentilles entraînent une augmentation des pathologies oculaires comme l’œil sec. Le sens du projet Lipoeil est de proposer des solutions, sous forme de gelules, à ces pathologies en utilisant des acides gras type Oméga 3 et des dérivés marins », précisent Guillaume Kerdiles, co-gérant avec Marc Hémon, et Iseult Potdevin-Nicolas, juriste de l’entreprise. L’approche de l’entreprise se veut pharmaceutique par sa rigueur mais sans les lourdeurs administratives des mises sur le marché pour les médicaments. A terme une gamme complète de produits sera développée à partir de Quimper en partenariats avec de nombreuses autres fournisseurs d’ingrédients basés dans le Finistère.
Martin Winckler n'est pas seulement un écrivain de talent (Lire son roman dumassien Trois Médecins, narration épique et émouvante du parcours de trois médecins idéalistes). Il est aussi médecin. Son diffère alors mais pas son esprit. L'homme développe un niveau de conscience et une capacité à communiquer trop rarement atteints par la profession médicale. Sur son site internet il revient (on peut aussi écouter ses douces chroniques sur Arte Radio) sur l'éthique du soignant. Un thème à la fois d'actualité et éternel.
En l’espace de deux ans, 60 projets ont émergé du pôle mer Bretagne. Celui-ci coordonne ses actions avec son homologue sudiste pour que de projets ces innovations se transforment en réalités concrètes. Le « business bleu » a de beaux jours devant lui.
Après avoir longtemps été snobés voire ignorés par la recherche scientifique qui lui préférait l’amélioration de la connaissance terrestre voire spatiale, les océans font désormais l’objet d’une attention accrue de la part des décideurs politiques et de l’opinion publique. Réchauffement climatique oblige. Menacé par le changement global, les océans sont également une source de richesses potentielles du point de vue alimentaire, médical et énergétique incommensurable. 70% de la surface du globe est constitué de mers et d’océans. Sur les littoraux du globe vivent plus d’un milliard d’individus, un nombre qui va grandissant. Du point de vue de l’acquisition de connaissances et de la valorisation de l’or bleu, beaucoup reste à faire. « Jamais la maxime « on sait qu’on ne sait pas » ne s’est autant vérifiée que sur la question des océans », se plaisent à dire les experts du domaine, à la fois interloqués devant l’ampleur de la tâche et l’excitation qui anime les découvreurs. Savoir et innovation sont donc devenus naturellement des priorités identifiées. C’est l’objet du pôle de compétitivité mer mis en place à la fin de l’année 2005, estampillé pôle mondial, selon la terminologie administrative, que de défricher ces questions et de permettre l’émergence de projets.
Sophie Calle n’en finit pas d’avancer sur le chemin de l’étourdissement artistique. L’artiste, par définition éclectique, touche à tout, touche-à-tout fait doublement sensation à la biennale 2007 de Venise (Italie du Nord). Lire ici sur Rue89 un reportage sur l'expo.
Dans la ville historique à souhaite, le parc dédié à l’exposition sonne à la manière d’une récréation contemporaine.
Première sensation, morbide. Le jour où on lui annonce son invitation pour représenter la France à la biennale de Venise, Sophie Calle apprend que sa mère entre dans la phase terminale de sa maladie. « Et dire que je ne pourrai même pas aller là-bas ». Qu’à cela ne tienne. Sophie Calle filme les derniers instants de sa mère. L’image est brute. La femme est entre la vie et la mort pendant une quinzaine de minutes. C’en est presque doux, serein. A côté, un texte saisissant. Un texte d’amour relatant les derniers mois de la vie de Calle mère. Souvent taboue, l’idée de représenter par l’art l’acte de mourir gêne. La controverse s’est amplifiée. Elle se tait quand on voit que l’acte d’amour est ici supérieur, et de loin, à cette querelle.
Deuxième sensation, éclairante. Dans le pavillon français, situé dans l’un des rares parcs de Venise, trône un OVNI artistique. Sophie Calle a été quittée par X. X qui s’appelle en fait G. Pour de vrai ? Pour de faux ? Dans sa lettre, l’homme sur le départ l’informe qu’il préfère la quitter plutôt que la trahir. De cette lettre, Sophie fabrique un prétexte à aller demander à 107 femmes de donner leurs impressions sur le texte. Une enseignante en français propose un commentaire composé sur le texte, une voyante tire les cartes à cet homme, une actrice joue la lettre assise dans un lit, une autre qui aurait qu’ils ne se perdent jamais dans le tourbillon de la vie, une comptable en fait l’analyse financière, une écrivaine en tire une nouvelle, une scénariste propose un script de la scène, une animatrice radio enregistre ses impressions… Sur papier, via les photos, les films (à regarder ici) et les audiogrammes, les témoignages s’affolent et s’offrent leur véritable terrain d’expression : la grandeur. Il a été tiré de ce travail un superbe livre d’art, dont le prix, 69 euros (en vente chez Dialogues), justifiera de l’offrir une à une personne aimée. Vous peut-être pour répondre par l’affirmative à cette supplique de Sophie Calle, « prenez soin de vous ».
Pour en savoir plus sur cette artiste à part :
Magali Nachtergael a consacré à Sophie Calle un mémoire disponible ici.
La télé-tirelire fait un carton en ce moment sur les écrans plasma des ménagères. Ces émissions de télévision, autrement appelées Call-Tv, consistent pour les chaînes (celles-ci ne paient pas la production, offre simplement leur canal de diffusion contre un intéressement aux bénéfices) à proposer des programmes où le spectateur peut remporter des gains modestes mais réels (quelques milliers d’euros) à condition de répondre et d’appeler. Concernant les questions, cela n’a rien à voir avec le niveau de « Etes-vous plus fort qu’un élève de dix ans ». Soit dit en passant, cette dernière émission animée par Roland Magdane, joue sur la culpabilité des adultes à s’avouer plus faible qu’un enfant de dix ans. Le niveau des joueurs adultes étant ici particulièrement faible pour avoir des difficultés à répondre à ce type de questions : la terminaison des verbes du premier groupe ou quelle est la capitale de l’Italie. On peut toujours se moquer des Américains, dont 50% pense que leur capitale est New-York (Comment cela ce n’est pas New-York ?). Bref, les question de la télé-tirelire repose sur des capacités intellectuelles qui donnent au malade d’Alzheimer le statut de génie de l’humanité. Même Olivier Minne est contre la Call-tv. C'est dire.
1,7 milliard d'euros en Grande-Bretagne
Pour les appels, c’est là que cela se corse. Le numéro est sur-taxé et les gains ne sont pas remportés tant que la production n’est pas rentrée dans ses frais. Un récent reportage de l’émission de Canal Plus, + Clair, où Charlotte Le Grix de la Salle (1) a remplacé la très pro Florence Dauchez, montrait qu’il était possible de se faire rembourser ces frais téléphoniques. Au prix d’une procédure. Le marché est estimé à 1,7 milliard d’euros rien qu’en Grande-Bretagne selon le quotidien le Figaro.
Outre la ludopathie qui peut découler de ces jeux qui frisent l’arnaque bien sentie, on peut s’interroger sur leur légalité. On se souvient par exemple des déboires de certains sites de jeux en ligne en France devant le monopole de la Française des Jeux et du PMU. Or ici, à bien des égards, le résultat est le même : on dépense de l’argent avec l’idée que cela rapporte beaucoup.
Seul intérêt de ces jeux, le spectacle qu’il procure. En partie intéressées au chiffre d’affaires généré, les animatrices font preuve d’une vitalité sur-vitaminée en direct de la Hongrie, principal pays producteur.
1.A visiter ce site sur la journaliste, manifestement tenu par un fan qui réalise des captures d’écran de l’ensemble des émissions où apparaît Charlotte.
L’été est, on le sait, propice à la lecture des romans policiers. Tandis que certains, les chanceux, découvrent le Pendu de Brest, je baignais dans l’intrigue artistique écrite par Iain Pears, le Comité Tiziano. Ce comité est en charge du recensement des tableaux du portraitiste Titien. Peintre devant l’éternel, celui-ci possède une œuvre incommensurable. On estime à plusieurs milliers ses toiles et tableaux. Il était en quelque sorte le photomaton de son époque.
L’authentification d’une œuvre par ce comité occasionne une flambée du prix du tableau et de la richesse de son propriétaire. Las, l’appât du gain est le plus fort. Louise Masterson, une jeune américaine membre du comité, est découverte morte dans l’un des rares jardins de Venise. Puisqu’il s’agit d’art, la brigade artistique de Rome se trouve mêlée à cette histoire. Notamment, Flavia di Stephano dont les habitudes sont plutôt au travail de bureau qu’aux enquêtes criminelles que dirige le général Bottando. Elle retrouve dans la ville des doges, son comparse Jonathan Argyll. Tous deux se passionnent très vite pour cette affaire qui les entraînent sur les pas de Titien et des mystères de la peinture. L’écriture de Iain Pears est efficace et son érudition se conjugue avec la vulgarisation artistique.