Joe est considéré comme un salaud dans la ville de son enfance, Bush Falls. Pour son premier roman, il s’est appuyé sur son adolescence et décrit dans son livre la vie des personnes qui l’ont entouré de son dépucelage à l’arrière de la voiture de papa à l’homosexualité de son meilleur ami. Le livre le rend riche et célèbre mais seul. A Bush Falls, tout le monde a acheté un exemplaire du bouquin pour une fois l’avoir lu l’agonir d’injures. Autant dire que le retour dans sa ville de Joe pour se rendre au chevet de son père malade fait l’effet d’une provocation pour la population locale. Les livres pleuvent sur la maison familiale et les menaces sourdes cèdent la place à des corrections en bonne et due forme. « Il n’y a pas de secrets dans une petite ville de province. Tout se sait ; le seul critère, c’est ce dont les gens sont prêts à discuter avec vous ».
A Bush Falls, Joe retrouve ses souvenirs et ceux qui les partagent. Carly, son amour d’enfance, devenue rédactrice en chef du quotidien local, et Wayne, son meilleur ami, en phase terminale du Sida et à qui il ne reste plus que quelques jours à vivre. C’est un roman d’adolescence au sens noble du terme que nous offre Jonathan Tropper. Les espoirs, les incertitudes, le sentiment d’être invincible. La croyance dans les amours éternelles aussi. Et cette indicible émotion en provenance du temps qui s’échappe.
Et puis un roman qui débute par cet incipit : « Quelques mois seulement après le suicide de ma mère, je suis entré dans le garage à la recherche de mon gant de baseball et j’ai découvert Cindy Posner à genoux en train de pratiquer avec ardeur une fellation sur mon frère aîné, Brad, appuyé contre l’établi de notre père », ne peut qu’inciter à la lecture.
- Le livre de Joe, Jonathan Tropper. Editions 10/18. 8 euros.
En vente chez Dialogues
5 mars 2008 à 21:55
Oui, évidemment c’est une belle « mise en bouche », n’est ce pas?