Archives pour janvier 2007

Paru sur IMédias

Est-il facile d’être noir de peau dans la France d’aujourd’hui ? C’est avec cette question en tête, presque un postulat, que Renaud Le Van Kim produit et réalise le documentaire en deux parties « Dans la peau d’un noir » diffusé par Canal Plus en cette fin de mois de janvier.

Le docu-télé-fiction, qui soit invente un genre, soit restera l’unique spécimen de son ethnie, entraîne deux familles dans la peau de l’autre. C’est un peu Les Groseille contre les Le Quesnoy dans le film d’Etienne Chatiliez « Un long fleuve tranquille ». A l’exception notable, qu’ici les deux sont d’accord sur le fait que « le racisme c’est pas bien ». Cela n’empêche pas le débat, les oppositions, les désaccords, n’empêche. On pourrait gloser longuement sur les défauts du premier épisode. Son côté « Ile de la tentation », avec les témoins pris à part, quelques heures après le démaquillage dont aucun des aspects ne nous aura échappé. Le caractère peu scientifique également de l’enquête qui essaie parfois d’étayer les thèses de départ en dépit des faits. Mais ce serait faire injure à ce travail que de le qualifier de conversation de bistro mais du bon côté du comptoir.

Plusieurs raisons achèvent de convaincre de l’intérêt de cette initiative.

- Elle est citoyenne. Il n’est pas d’investigation objective. Le simple fait de poser son regard le dément. « Dans la peau d’un noir » assume ce côté-là. On ne regardera pas ce documentaire du côté du paquebot de Saint-Cloud. De toute façon, ils ne sont pas abonnés à la chaîne cryptée.

- Elle est teintée de bon sens. La vie est un ensemble de détails dont l’addition donne la forme générale. Après les opérations de testing menées par Sos Racisme, les études d’opinion qui montrent l’enracinement de la xénophobie dans notre société, cette émission vient mettre, avec la force dont disposent les images, les points sur les i. Oui, il existe un problème d’ethnicisme dans notre pays.

- Elle dit aussi des vérités aux opprimés. Le premier regard porté sur un individu est d’abord le sien. A plusieurs reprises, on sent la famille noire originelle éprouver ce sentiment de persécutions avant même la persécution. Le syndrome du condamné avant même sa condmnation.

- Elle n’apporte pas de solutions toutes faites. Le but n’était pas de moraliser, ni de démoraliser, de donner des leçons, simplement de montrer et démontrer. Mission remplie.

Quand Griffin écrit son livre « Dans la peau d’un noir » en 1959, ce sont les mêmes idées qui le mobilisent. Quand le pseudo-journaliste kazakh Borat nous ouvre les portes de l’Amérique profonde, idem. Avec un peu plus d’humour, avouons-le. Il n’est pas rare d’ailleurs de voir les journalistes, les enquêteurs de la vérité, se déguiser pour obtenir plus de réalisme. La dénonciation et l’indignation restent des armes démocratiques. Rendons grâce à Renaud Le Van Kim de l’avoir montré sans larmoyance.

N’empêche, malgré ma famille Benetton, une épouse d’origine chinoise, deux beaux-frères pareils, un autre antillais et le dernier d’origine russe, le sentiment est à la nausée, comment cela est-il à la fois possible et tolérable ? Comment supporter d’en être un complice silencieux ?

Dans_la_peau_d__un_noir.jpg

Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments Pas de commentaire »

Un français sur deux se dit proche de la religion catholique. Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale (Il paraît que l’on peut dire deuxième sans paraître être un partisan de la troisième), la fille de l’église ne cesse de se déchristianiser. N’empêche, la religion marque à la fois les esprits et les cultures. Tant que sa connaissance relève autant de la culture générale que de la compréhension du monde dans lequel on vit. Map Of Wars, un site américain, revient avec une carte multimédia sur l’histoire des religions au niveau mondial.

Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments Pas de commentaire »

L’internaute revient sur l’histoire de l’Union européenne à un moment où sa construction semble être en panne. Instructif.

Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments Pas de commentaire »

«Dis-moi combien tu gagnes, je te dirai si je vote pour toi». Après la vague d’indignation face à la non-utilisation des dons pour le Tsunami, les Français se sont passionnés, ou on l’a fait pour eux, pour des questions d’argent très prosaïques.

Autant les Français tolèrent toutes les incartades sexuelles de leurs dirigeants, à en croire le succès de librairie de Sexus Politicus, autant ils semblent de ne pas supporter tout opacité financière et pour tout dire toute présomption de richesse chez leurs dirigeants politiques. Cela tient, d’après les théologiens à la culture catholique dans laquelle baigne notre pays. Les Américains, ancrés dans leurs traditions protestantes, acceptent la culbute (financière) mais pas la turlute. Ce que l’exemple de Bill Clinton, soupçonné dans des affaires d’argent dans son Arkansas natal, mais inquiété pour une légère aventure avec une stagiaire, semble démontrer.

Patrie…moine

Ainsi, la semaine écoulée aura été marquée par le débat sur le patrimoine de chaque candidat. A savoir si untel est assujetti à l’ISF ou possède des parts de SCI. Depuis plusieurs mois déjà, un e-mail d’origine inconnu apprenait, sur la base d’une information, publiée par le site d’informations sur les sociétés www.societe.com, que Ségolène Royal possédait des parts dans une SCI appelée La Sapinière. Aux Etats-Unis, on aurait pu vérifier l’état de ses dents ou le pedigree de son voisinage.

Les fausses interprétations, qui continue comme ici, ont provoqué une réaction en chaîne dont il conviendra de dire qu’elle a arrosé l’arroseur. Si bien que tous les candidats sont sommés de donner le montant de leur patrimoine net. Pour l’un d’entre eux, ce n’est que prendre un peu d’avance, car le prochain président devra, comme c’est la loi, communiquer l’ensemble des éléments de son patrimoine. Ce qu’une simple feuille d’impôts devrait en capacité de faire.

Voici les résultats :

  • Ségolène Royal. 355.800 euros
  • Jean-Marie Le Pen. Au moins 1,4 million d’euros
  • Nicolas Sarkozy. 1,1 million d’euros.
  • François Bayrou. 607.000 euros
  • Philippe de Villiers. 540.000 euros
  • Dominique Voynet. Moins de 240.000 euros
  • Marie George-Buffet. Au moins 120.000 euros
  • Olivier Besancenot. 37.000 euros
  • Arlette Laguiller. 12.000 euros + une clio
  • Corinne Le Page. 2,4 millions d’euros.
  • Et puis Nicolas Miguet, variable selon que l’on compte en vrai argent ou en billets de monopoly.

Chouette. On sait que Olivier Besancenot a acheté un appart à Paris pour un peu moins de 300.00 euros avec « quelqu’un », que François Bayrou possède un haras sous forme d’entreprise, et que Corinne Le Page sait bien gérer son cabinet d’avocat avec son époux. Bon, c’est aussi intéressant que de savoir si Johnny va divorcer d’Adeline. Comment ça il n’est plus marié avec Adeline ?

Des budgets de campagne qui gonflent

Plus intéressant serait de publier les budgets de campagne des différents candidats en course. Voici une liste qui n’est pas exhaustive, basée sur les déclarations des candidats ou de leurs proches.

Budgets de campagne 2007

C’est incomplet car les candidats publient rarement d’eux-mêmes les chiffres des coûts de leur campagne. Au total, la campagne électorale 2007, et ce uniquement pour les présidentielles, coûtera la bagatelle de près de 240 millions d’euros, organisation comprise. C’est cela aussi le prix de la démocratie. Aux Etats-Unis, pour la campagne présidentielle 2004, les deux principaux candidats, John Kerry et Georges Bush, ont dépassé ensemble 410 millions de dollars, notamment en spots télévisés. Ce qui ramené à la population, reste environ 2,5 fois plus élevé que les deux plus dépensiers de nos prétendants.

Plusieurs candidats, parmi les petits, peuvent prétendre à obtenir le financement de l’état. A condition d’obtenir les 500 signatures, chaque prétendant reçoit 153.000 euros d’avance forfaitaire. Puis après l’élection, 774.000 euros de plus. Si bien qu’en-dessous de 927.000 euros un candidat ne risque aucune perte d’argent. S’il obtient plus de 5% des suffrages exprimés par contre il peut prétendre à une prise en charge plus importante de la part de l’Etat. Les chiffres précis seront publiés dans les prochaines semaines. Mais grosso-modo les seuils de dépenses acceptées sont de 15,5 millions d’euros pour des candidats de premier tour et de 20,7 millions d’euros pour les deux candidats du second tout. L’Etat prend à sa charge la moitié de ce montant dans la limite des dépenses réalisées. Notons que le compte de campagne ne début son compte à rebours que lors de l’officialisation de la candidature. La légende veut que le trésorier de chaque candidat consacre la première dépense de la campagne à l’achat d’une montre qui précise les millionièmes de second. Qui a dit que le temps c’est de l’argent ?

Le classement précédent donne ainsi l’état des espérances des candidats. Le second tour pour Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, l’embuscade pour Jean-Marie Le Pen, et le premier pour les autres dont François Bayrou dont le budget atteint la part maximale de remboursement de l’Etat pour un candidat, dont il devrait être, qui dépasse le seuil fatidique des 5%.

On pourrait croire que c’est un peu comme au foot où le classement des budgets ressemble étrangement à celui du classement sportif de la fin de saison. Il n’en est rien ici comme le montre ce petit tableau réalisé à partir des résultats aux élections présidentielles de 2002 et des comptes de campagne déposés par les candidats.

Classement_candidats.JPG

L’arrivée d’internet

En 2002, François Bayrou et Jean-Pierre Chevènement avaient été les plus internautophage avec environ 4% du budget de leur campagne dédié à Internet. Cette année, on peut penser que près de 20% du montant des dépenses sera versé à Internet. Entre l’achat des mots clés, des campagnes mails, de la création de sites et de blogs spécifiques, c’est ainsi 16 millions d’euros qui seront consacrés au marketing politique sur le web. On remarquera cependant que le marketing web n’en est tout de même qu’à son commencement. Pas de wiki sur les sites par exemple pour booster « la démocratie participative ». Pas de skype pour appeler ou se faire appeler gratuitement. Pas de PayPal pour des transactions sécurisées. Beaucoup de logiciels libres par contre pour la construction des sites de campagne. Un peu de virtuel sur Second Life, rien par contre sur World of Warcraft ! Sur ce dernier point, il paraît que la campagne sera suffisamment saignante comme cela.

Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments Un commentaire »

Chaque semaine, les dessinateurs de la presse satirique que sont Pétillon, Cabu, Chardon et consorts, proposent à leurs employeurs, Le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo, des dizaines de dessins. Moins de la moitié est publié pour des raisons de place, de sujets, de choix éditoriaux, de qualité. Le but du site Scorbut est justement d’utiliser cette manne et de la rendre publique.

Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments Pas de commentaire »

Il est des hommes et des femmes qui rencontrent leur destin dans l’Histoire. Beate et Serge Klarsfeld appartiennent à cette catégorie. Un documentaire de France 2 revenait hier sur leur mission. Inlassablement, ils auront traqué les plus grands criminels du régime nazi : Rauff, Hagen, Barbie, Brunner, Papon, Bousquet. Leur action témoigne de la grâce qui peut toucher ceux qui vont au bout de leur devoir humaniste. A l’instar de l’action de Simon Wiesenthal. Et dire que certains nient encore l’existence de ces crimes.

Kalrsfeld.jpg

Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments Pas de commentaire »

Paru sur ZDNet
Les amateurs de football se souviennent tous des engagements des pronostiqueurs de football avant la dernière coupe du monde en Allemagne. L’un d’entre eux s’était même engagé, c’était Thierry Rolland, à se dénuder publiquement en cas de victoire de l’équipe tricolore. Toutes les âmes sensibles remercient Materazzi de l’avoir évité par ses efforts incessants certes injurieux, mais couronnés de succès comme chacun sait.

La présidentielle 2007 en France n’échappe pas à la règle. Cela a début sur Internet depuis quelques mois. Si les sites de paris en ligne sont interdits en France (Les sponsors de l’équipe de l’As Monaco, qui dépend de la réglementation française en raison de sa participation au championnat national, s’en souviennent), cela n’est pas le cas pourtant en Europe. A commencer par la Grande-Bretagne pour qui parier est une seconde nature tout comme tartiner son pain avec de la confiture de porc à la menthe. Ainsi, plusieurs brokers britanniques proposent de miser sur le prochain président français. Preuve potentielle du sentiment aristocratique anglais, pour l’heure c’est Ségolène Royal qui arrive en pôle position d’une courte tête devant Nicolas Sarkozy. Nul besoin de parier pour en avoir connaissance, il suffit de regarder les couvertures de nos hebdomadaires préférés pour le savoir. Il semble un peu tôt pour tous ceux qui disposent de la double nationalité, de miser de fortes sommes. Rappelons que le citoyen français n’est pas autorisé par la loi à parier sur ce genre de site. Ce qui peut être considéré comme une entrave à la libre concurrence selon l’Union européenne. Hier encore certains sites de brokers proposaient aux parieurs la candidature de Michèle Alliot-Marie. Certains même suggèrent une candidature de Dominique Voynet. Pure imagination comme on le sait. Pouf, pouf.

Enregistrez votre prédiction

Plus audacieux, deux consultants en communication ont lancé un site de paris sans argent : Je l’avais dit. C’est le nouveau blog de l’équipe d’IMédias (1) qui nous en informe. L’idée est de demander à des professionnels de la communication leurs pronostics sur l’élection présidentielle. La force de conviction, je l’affirme haut et fort, croyez-moi, des personnes interviewées tient plus dans le ton et la gravité de la voix que dans la rigueur de la démonstration. C’est le jeu du brin de business comme le disent nos amis qui connaissent la chanson. Bref, c’est aussi sérieux que les prédictions de Nostradamus sur le prochain sujet de philosophie au Bac, « Sur de tortueuses élucubrations, la jeunesse devra deviser, dans de grandes salles en plein été ». Les goûts et les couleurs sont faits pour être discutés. A titre personnel, je pense que plus d’un commentateur avisé mangera son chapeau. On parie ?


1.
Equipe à laquelle je participe par des chroniques sur les médias depuis quatre ans désormais.

Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments Pas de commentaire »

L’intelligence ne gouverne pas le monde. Eric Raoult, député du 93, et deux de ses collègues viennent d’en faire la preuve. Les trois hommes, nostalgiques d’une période révolue, proposent une loi instaurant une tenue unique à l’école “mais pas un uniforme”. On dirait que c’est “une flûte champêtre symbole de la poésie pastorale” mais pas du pipeau. Cette tendance au convervatisme est agaçante sur plusieurs points. Non seulement elle essaie de trouver des solutions à une problématique présente par un retour dans le passé. Si celui-ci peut inspirer, c’est dommage qu’il soit le champ de tous nos possibles. Ensuite, elle stigmatise une jeunesse présentée comme ayant nécessairement besoin de recadrage. Aveuglé par le présent, nous oublions que d’autres périodes ont eu lieu, avec elles aussi leurs difficultés. La nôtre n’échappe certes pas à la règle mais elle n’est pas non plus la pire. Au final, c’est plus un problème de courtoisie général à l’ensemble de la société. Exemple : moins de la moitié des gens que je laisse passer aux passages-piètons remercient d’un signe ou d’un mot. Et ils sont plus souvent âgés que jeunes. Eric Raoult, celui-là même qui préconisait de récompenser financièrmement la délation d’actes délictueux, pourrait aller jusqu’où bout de la provocation en demandant la suppression de l’école et du problème.

Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments Un commentaire »

Paru sur IMédias

 

 

« Attention Mesdames, et messieurs, dans un instant cela va commencer ». Il était loin hier l’état grippal de Jamel pour ses débuts à la radio. On se souvient que lors de sa Première, le comédien avait déclaré forfait en raison d’un « bungalow ». Rien de tout cela hier. Et c’est un Jamel en forme olympique (Cela existe les Jeux Olympiques du rire ?) qui se trouvait aux commandes de son émission. Son nom ? Jamel. Non, à l’émission ? En stand-by pour l’heure, et ce fut ce comique de répétitions, ce gimmick, à savoir quel nom pour l’émission, qui donna le ton de ces trois heures passées en compagnie des auditeurs de Fun Radio.

A ses côtés, Sophie, une jeune femme qui change la traditionnelle image de la potiche qui accompagne un humoriste ; Gérard Darmon, l’invité permanent de Thierry Ardisson, venait soutenir son collège pour un numéro de duettiste des plus plaisants. Et, ce Gérard, bilingue en breton, en breton 69 se dit fest-noz, dont le prénom est porté par plus de 52 millions de personnes dans le monde, prénom qu’il est d’ailleurs interdit de donner à ses enfants depuis lors, jouera dans « Le cœur des hommes 2 ». Les suites sont parfois décevantes. La suite ici ne l’est pas.

Aux côtés de l’animateur, un chanteur qui entrera dans l’histoire de la télévision pour cet aphorisme : « Le slam est le cousin du rap. Sauf que le slam est allé à l’école ».

Le concept du Jamel Time c’est qu’il n’y pas de concept. Le comédien parle, discute, pousse le bouton du presse-disques pour passer du Justin Timberlake ou encore du Barry White. Et répond aux appels des auditeurs, cela reste une libre-antenne :

-          Jamel : « Comme tu t’appelles »

-          Eric : « Eric »

-          Jamel : « Pourquoi ? »

 


 Si vous avez des idées de nom pour l’émission de Jamel, une seule adresse : www.funradio.fr

Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments Pas de commentaire »

Paru sur IMédias
On le sait la critique est facile, l’éloge l’est moins, sauf quand il est funéraire « entre ici Saddam Hussein…. ». Pas de cela ici, plutôt des observations d’émissions qui par leur tonalité et leur objet appartiennent à la catégorie des bonnes surprises de cette année 2006.

J’irai dormir chez vous. Dans une société où les portes se ferment à double tour plutôt qu’elles ne s’ouvrent à plein à la sonnerie d’un inconnu égaré, il est bon de voir que dans des endroits reculés, l’ouverture à l’étranger n’est pas que légende. En rediffusant l’émission d’Antoine de Maximy sur leurs antennes, les chaînes françaises renforcent le culte qui entoure le programme. Accompagné de lui-même et de deux caméras montés sur ses épaules, le réalisateur-producteur-animateur s’en va chemin faisant à la rencontre des habitants de sa destination. Son but : taper l’incruste chez eux le temps d’une nuit. Cela ne fonctionne pas toujours et Antoine de Maximy fait preuve d’une certaine dignité aristocratique dans le four, la veste, le rateau. Bref, de quoi équiper une maison de jeunes mariés. La présence des deux caméras explique une partie de l’hospitalité constatée. Mais pas totalement. La preuve : l’autre jour, devant Malibu plage, un tiers jus d’orange, trois tiers de crème solaire, je m’arrête devant la maison de Pamela Anderson. Je sonne, réponds à mon interlocuteur que je souhaite passer la nuit avec Pamela « pour la télévision française ». Que ne ferais-je pour l’amour de mon pays et de sa culture. « She’s busy », « elle est occupée », vocifère le garde du corps de Pamela, quel beau métier. « A écrire le scénario de V.I.P. ? » « write something about philosophy on the TV show ? ».

L’effet Papillon. La nouvelle émission de Canal Plus part du constat qu’un battement d’ailes de papillon en Australie peut provoquer une tempête aux Etats-Unis. Je tiens d’ailleurs à m’excuser auprès de tous les iraniens car ma digestion est difficile en cette période de fêtes. On est loin des concepts de Laplace, Poincaré ou Lorenz sur la théorie du chaos et des petites causes, grands effets mais l’idée fonctionne. Animée par le brestoâ Victor Robert, le présentateur de feue « Ca se dispute » première version avec Christophe Barbier et Elie Semoun, euh pardon, Eric Zemmour. Sorte de tour du monde de l’actualité, « l’effet Papillon » sait montrer par le détail les forces qui animent la planète. Parfois insolite, comme ce reportage en Colombie sur la grève du sexe des femmes des mafieux, souvent plus graves. Le tout avec décontraction et envie d’apprendre.

Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments Pas de commentaire »

Top. Le vrai journal

A bien y repenser c’est même l’été que l’émission de Karl Zéro n’a pas dépassé. Débarqué par Canal Plus, Karl Zéro a semblé éprouver quelques difficultés à digérer son éviction de la chaîne cryptée. Les critiques acerbes sur celle qui lui a succédé, la très pro Laurence Ferrari, en témoignent. En rebondissant sur un site internet connu pour des interviews politiques, l’homme continue à maîtriser son savoir-faire. Si au bout de dix années de diffusion, l’émission tournait un peu en rond, elle symbolisait à elle seule la liberté de ton à la télévision en général et sur Canal Plus en particulier. Mélange d’info et d’intox, détournement d’images, tutoiement de rigueur, aucun des canons journalistiques n’y était respecté pour le plus grand plaisir des 1,5 million de téléspectateurs, une performance pour Canal. On peut reprocher beaucoup à Karl Zéro, son traitement de l’affaire Alègre, sa recherche du soutien des politiques pour sauver son émission, son dilettantisme dans sa manière de traiter les sujets graves. N’empêche, son émission accrochait un jeune public souvent peu en phase avec le monde la politique.

Flop. Bataille et Fontaine.

« C’est moi le grand et toi le petit ». Cette fin 2006 a un léger parfum de disgrâce pour Laurent Bataille et Pascal Fontaine, ou bien le contraire. Les deux amis vont « se recentrer sur leur activité de production » comme on dit quand on est animateur et que le succès n’est plus au rendez-vous. C’est souvent ce qui arrive quand on pense tenir un filon d’or et quand les téléspectateurs s’aperçoivent que c’est du plomb. Jean-Marc Morandini s’en souvient encore. « Y’a que la vérité qui compte » et le rideau se ferme sur l’ère Bataille et Fontaine.

Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments Pas de commentaire »

Trublions et fiers de l’être, l’institut de Locarn dans les Côtes d’Armor et son président, Alain Glon invitent les patrons bretons à la réflexion sur l’économie de demain. Interview.

D’où vient l’idée de l’institut de Locarn, ce think tank breton, et quels sont les objectifs qu’il poursuit ?

L’institut de Locarn a été créé en 1994 sous l’égide de Jean-Pierre Le Roch, le fondateur d’Intermarché, et de Joseph Le Bihan, ancien professeur à HEC. Le constat de l’époque reste d’actualité : la France en général, la Bretagne en particulier, ne sont pas préparées aux changements induits par l’arrivée brutale de la mondialisation. L’évolution des économies émergentes bouleverse la donne. En cherchant à imaginer le futur, les 300 chefs d’entreprises bretonnes membres de l’institut décryptent les nouveaux enjeux, posent les jalons pour l’avenir, et par là contribuent à la survie de leurs sociétés et du tissu social de notre région. Nos entreprises agroalimentaires, par exemple, sont fortement menacées. Si nous n’agissons pas, c’est à une explosion sociale sans précédent à laquelle nous assisterons.

Concrètement, quels sont les apports de Locarn à la réflexion et à la prise de conscience des dirigeants de l’économie bretonne ?

Le conservatisme de pensée des institutions ne permet pas d’imaginer des réponses aux défis de la globalisation. Il faut des idées neuves. Dans les faits, cela passe par des cycles de conférences de très haut niveau où des experts internationaux viennent nous livrer leurs analyses. Ils provoquent le débat et l’échange, préalables à l’action. Pour prouver par l’expérience nos propos, nous accueillons des publics en rupture que nous formons pour leur permettre de se réinsérer sur le marché de l’emploi. Face à la crise énergétique mondiale montante, nous répondons par la création d’un centre de télétravail sur l’institut lui-même. Nous projetons dans le même temps de monter un réseau très haut débit sur notre site, d’une capacité de 100 mégabits, en introduisant de nouvelles techniques de diffusion. Enfin, nous nous lions avec l’importante diaspora bretonne à l’étranger pour la mobiliser et échanger avec elle.

La Bretagne est réputée être une terre de réseaux. Comment avancez-vous avec les autres structures existantes ?

Locarn est né de la volonté de « ceux qui avaient réussi » de porter par eux-mêmes la remise en cause de notre système économique. On trouve parmi les fondateurs les membres du club des Trente (NDLR : un cercle informel constitué de grands patrons bretons), et des membres de l’association Produit en Bretagne. Ces réussites d’entrepreneurs ne doivent pas faire oublier le chômage de masse. La mobilisation patronale bretonne montre que l’enjeu du développement régional ne nous laisse pas indifférents. Contribuer à l’équilibre de la société revient pour nous à un devoir que l’on pourrait qualifier de moral.

Propos recueillis par Mikaël Cabon, à Locarn

Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments 5 commentaires »

Le jeu du dictionnaire c’est très simple. Un peu comme Burger Quiz mais sans burger et avec un dictionnaire.

Voici une définition, vous devez retrouver le mot qui correspond : “Dans l’empire d’Orient, grand dignitaire investi d’une autorité considérable”. Indice, en bas à droite, c’est aussi le titre du chef de l’église nationale bulgare, pays de près de huit millions d’habitants qui vient de rejoindra l’Union européenne, accompagné de la Roumanie, le 1er janvier.

Réponse dans deux jours, soit vendredi 5 à 20 heures.

Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments 3 commentaires »

Paru sur Zdnet
Il est fini le temps des cathédrales, des vœux sur papier, du calendrier du facteur avec les chats d’un côté et les chiens de l’autre sur fond de tournesols. Place désormais aux vœux numériques. A peine Jacques Chirac avait-il débarrassé l’Elysée des drapeaux européen et tricolore que Nicolas Sarkozy entrait en scène sur le site de l’UMP.

« La France n’est pas finie » et « La conservation est à gauche ». C’est musclé et gonflé. Un peu comme la vanille que l’on rajoute sur les gâteaux pour que la mayonnaise prenne. Vous excuserez la métaphore culinaire maltapropos. Excepté la musique d’ascenseur à la fin, cela sonne comme des vœux de président de la République, cela a le goût des vœux de président de la République, mais ce n’est pas (encore) les vœux de président de la République. La vidéo est filmée directement par les équipes de l’UMP. Celles-là même qui fournissent leurs images à certaines chaînes de télévision.

Changement de style, prononcez à l’anglaise cela fait plus hip-hop, pour Ségolène Royal. Ambiance cosy, presque cosette, “vie chère”, “bas salaires”, murs nus immaculés de blanc, parsemés de trucs bizarres (à un moment donné si l’on regarde très lentement le spot, la tête à l’envers, on voit passer James Brown qui chante “Funky president”), Ségolène Royal est habillé avec un frou-frou vert tendance guirlande et un pull col montant rose là où Nicolas Sarkozy s’affichait en costume bleu classique. Sur Segoleneroyal.tuvalu, la candidate du PS dit que tous les bloggeurs sont intelligents. Après avoir lu ceci, on peut en douter.

Depuis la diffusion de ces vœux, on a beaucoup parlé dans la blogosphère du ton employé par les deux candidats. Le côté faussement amateur de Ségolène Royal, qui dispose d’un site très complet pour ses vidéos. Le côté faussement présidentiel de Nicolas Sarkozy. Mais rien sur les vœux de Jean Charest, premier ministre du Québec. Tabernacle.




Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments Pas de commentaire »

Je viens de terminer le livre de la journaliste Annette Levy-Villemard intitulé “Chroniques de la guerre du sexe en Amérique” où l’auteur rappelle l’importance du facteur sexuel dans l’opinion américaine du sein de Janet Jackson à la gymnastique clintonienne. Un des moments forts de l’ouvrage relate la confession audiovisuelle d’un gouverneur du New Jersey “avouant” son homosexualité en public, contraint et forcé devant un scandale en prévision. Une des raisons qui explique, selon la journaliste de Libération, ce comportement vient du fait qu’aux Etats-Unis le droit de savoir serait universel. On connaissait déjà l’obsession des Mormons à vouloir cataloguer l’ensemble de l’humanité. Ici l’ambition est plus large. Le site Internet Veromi.net propose à ses clients (vous, moi, les voisins…) des informations sur toute personne moyennant finances. Parmi les informations qui peuvent être obtenues par cet intermédiaire : le casier judiciaire, les dettes, ses anciennes habitations… Cette société n’est pas la seule à le proposer. A partir du numéro de sécurité sociale, de nombreuses entreprises peuvent rechercher pour leur compte de leurs clients des informations sur leurs employeurs, leurs candidats… voire leurs liaisons sentimentales. Un partenariat de plus pour Meetic ? Difficile de ne pas laisser de traces dans notre société numérique. A ce tite bonjour à nos amis américains d’Echelon dont la simple écriture du nom va attirer sur ce site.
Attention cependant à ne pas aller trop vite en besogne. Ainsi, dans l’affaires des prostituées tuées en Grande-Bretagne, il y a quelques semaines, est apparu en une de plusieurs journaux, la première personne mise en examen. Présentée comme le coupable, cette personne sera ensuite innocentée de fait puisque les coupables ont été trouvés depuis. Comme quoi 4,2 millions de caméras de surveillance ne peuvent suffire. Un peu d’intelligence ne nuit pas.

Aucun tag pour cet article.

Je vous recommande la lecture des billets suivants :

Comments Un commentaire »