17 avril 1950. Un homme meurt. Il s’appelle Edouard Mazé. Ouvrier de son état, il participe à  l’une de ses nombreuses manifestations, anti-Indochine, anti-misère qui ponctuent le climat social de l’époque. Les CRS ont l’ordre de repousser la manifestation. Plusieurs coups de feu résonnent. Un homme meurt. Il s’appelait Edouard Mazé. De ce bout d’histoire, Kris, alias Christophe Goret, au scénario, et Etienne Davodeau, au dessin, s’emploient à  faire rejaillir à  la fois l’essentiel et le détail. Car cet assassinat apparaît comme un symbole pour les syndicalistes de l’époque. Conscients de l’importance de l’image, ils font appel à  René Vautier, cinéaste militant, pour tourner un film sur l’ambiance dans la classe ouvrière brestoise. Destiné à  entretenir les mythes et perpétuer le souvenir, le film sera projeté 88 fois dans les rues de Brest. En fond sonore un poème de Paul Eluard, « Au rendez-vous Allemand » en hommage au journaliste Gabriel Péri. « Un homme est mort qui n’avait d’autres défenses que ses bras ouverts à  la vie ». La pellicule cède à  la 89ème projection. Du film il ne reste rien. Cet ouvrage de bande-dessinée lui redonne vie sous une forme nouvelle avec l’émotion que sait si bien traduire Etienne Davodeau dans son dessin, lire Rural ! et Les Mauvaises gens, et avec la force de la narration que Kris met dans ses scénarios. Il est l’auteur entre autres du Déserteur, avec Obion, et de Toussaint 66, avec Lamanda. A lire pour les amateurs de BD, et à  tous ceux pour qui Siam et Glasgow, sont plus des noms de rue que des destinations loitaines.

« Un homme est mort », 15 euros. Aux Editions Futuropolis.

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