Drôle de créatures
Trois coups de buzzers, ou des buseurs c’est selon, et sonne le glas des espoirs des amateurs. Tabernacle. Un clone de Tom Cruise dans Cocktail balance ses bouteilles et le fond de ses verres dans le public. Il sera en deuxième semaine. Une sculpteur du vivant se déguise en orange et essaie de faire manger son micro à l’animatrice. Carton rouge. 35 pompiers-gymnastes de Paris permettent au public de se rincer l’œil, les mieux pourvues devant comme dans les meilleures émissions d’Arthur. Une stripteaseuse, qui aurait pu maigrir un peu plus des genoux, n’émoustille même pas la barre métallique qui lui sert de guide. « L’esprit fermé et coincé de la France » ne lui donne pas sa chance. Même punition pour une drag queen déguisée en soleil. Dehors on vous dit. « C’est bien mais c’est non », « On vous a déjà dit que vous aviez beaucoup de talent ? Oui, ma famille, répond le candidat, ému. Alors changez de famille », foudroie le jury. On se croirait dans « La Nouvelle star ». « A la revoyure », reprend le Québécois. Désillusions.
La société de casting chère au sociologue Gérard Mermet s’en trouve grandie. Tout devient prétexte à compétition, et de fait à exclusion, même le talent. Celui-ci, contrairement aux idées reçues, n’est pas un simple don de la nature. Il suppose à la fois un travail acharné dans un monde de passions et une écoute des critiques pertinentes et adéquates. Une définition qu’a fait sienne un trublion d’homme aux deux prénoms nommé Eric Antoine au talent d’humoriste autant que de magicien. Le plus grand du monde. « Deux mètres de haut ». ?
























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