Le bonheur est dans le pré

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  • 9 juillet 2006
 
Une truie n’y retrouverait pas ses petits. La dernière émission de télé-réalité à la sauce M6 cherche à repeupler les campagnes, redonner du grain à moudre aux agriculteurs solitaires, que l’amour abreuve leurs sillons. Depuis quelques mois donc on peut suivre dans « L’amour est dans le pré » les aventures de quatre jeunes paysans officiant chacun dans leur ferme en compagnie de deux donzelles sélectionnées par et pour leur soin. Les solides gaillards, Francis, Vincent, Dominique et Arnaud reçoivent réciproquement Julie et Véronique, Nathalie et Sylvie, Carole et Stéphanie, Céline et Delphine. C’est beau comme un comice agricole dans les Cévennes. Le ressort de l’émission consiste à faire croire que dans nos campagnes ne survivent que des célibataires qui sentent la transpiration, qui se demandent si Internet c’est le nouveau nom de la vache de Michel le cousin des fils Riou de Lannilis qui s’est marié à une fille Jopic. Et que les villes françaises se sont transformées en New York City, où la moitié de la gent féminine est aux prises avec le célibat.
 
Le célibat c’est pire que les soldes : la carte de fidélité ne marche pas et les retours en cas d’erreur sur la taille, et certains pensent encore que cela ne compte pas, sont impossibles. Bref, échangerait paysan en rut contre urbaine en chaleur. Voilà pour le pitch, la réalité est toute autre. Dans des décors dignes de « Marc et Sophie », nos amies font la vaisselle, souvent, se chambrent un peu, mangent beaucoup, et surtout sont en concurrence. Car les femmes vont par paires. Et c’est là tout le talent de celle qui en a six de s’appuyer sur le succès du salon de l’Agriculture pour monter son ineffable émission. Souvent dans la vie, on choisit sa compagne (son compagnon, n’ayons pas peur d’être progressiste), une par une. Ici, pour ne pas perdre du temps, on est tout de même en moyenne à cinq heures de Paris par la route, on choisit entre deux. Sylvie ou Nathalie, laquelle fait le mieux la vaisselle ? La cuisine ? Le repassage ? On dirait un speed-dating pour trouver une femme de ménage. Aucune de ces femmes ne semblent d’ailleurs s’en offusquer. C’est parce qu’elles n’ont pas vu le montage de l’émission. Et oui, on nous a tout caché : les moments de délire à jouer au Pictionary, « j’élimine la première qui se trompe », la tension au moment de « Questions pour un champion », le coup de la trayeuse électrique qui tombe en panne, petit coquin, le moment où l’on se montre sa moissonneuse-batteuse, et enfin le final : « si tu arrives à deviner laquelle est ma mère, laquelle est la Pie Noire, tu marques un point ». Le suspense est à son comble. Et si Francis n’a toujours pas trouvé l’âme sœur à la fin de l’émission, sur le forum de M6, Nicrone(1) lui confie son béguin. « Je t'invite fortement à me connaître, je suis une femme sympa, courageuse, bonne vivante et déjà amoureuse de tes brebis ». Nicrone, envoyez votre CV à M6 qui vous rappellera. On ne badine pas avec l’amour.

1. Le prénom a été mélangé.

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Commentaires

  1. lonchambon dit :

    Ce soir j’ai regardé l’ émission la semaine dernière aussi. J’ai été déçu que Cindy et Hubert de la Saone-et-Loire ne continue pas. Quel dommage ils forment un beau couple cet émission est super. Continuez c’est trop génial. A très bientôt

  2. mcabon dit :

    Bonjour Cath.

    Bien ton article, et surtout beaucoup de commentaires à  son propos. A bientôt par blog interposé.
    MC

  3. cath dit :

    Bonsoir Mickaà«l

    je suis en train de bloguer le sujet pour demain mercredi.

    Amicalement 🙂

    Cath