Archives pour juillet 2006
Paru sur IMédias
On a beaucoup parlé de coup de boule ces derniers temps. Celui de Zidane envers Materazzi bien évidemment. Au hit des téléchargements Internet, sur les radios d’informations ou musicales, grâce au sens très développé du marketing d’une bande de copains musicos et publicitaires à leurs heures perdues, à la télévision, on n’a vu que cela. Zidane qui coupdeboule, Zidane qui demande pardon. On aurait dit Bill Clinton après l’affaire Monica. C’est Monsieur qui boit et c’est Madame Hillary-Marianne qui trinque. Du grand art. Lors de sa traditionnelle interview télévisuelle du 14 juillet, une réelle incongruité démocratique au regard des autres pays occidentaux, Jacques Chirac s’est même fendu d’une réponse très directe droit après une question crochet du gauche de PPDA. « Et vous aussi vous avez eu envie de donner des coups de boule dans votre carrière politique ? ». Réponse en substance du président de la République. « Cela m’est arrivé. Symboliquement bien sûr ». Bien sûr.
Made in Marseille
Mais le vrai coup de boule, laissé quelque peu de côté car porteur de moins d’adrénaline, c’est celui de Marseille. La ville de Zidane mais surtout de la pétanque. Fidèle à sa politique régionale, France 3, par le biais de sa rédaction méditerranéenne, diffuse quand le cochonnet en vaut la chandelle, quelques compétitions de ce jeu séculaire et pour tout dire le symbole de notre charmant pays. Et cela vaut son pesant de pastis quand les neveux de Passo remportent la mise sans coup férir et sans regimber (1)
Les snobs disent pétanque mais les férus de ce sport appellent cela les boules. A Plouguerneau, quand les femmes jouaient aux dominos, les hommes jouaient aux boules. En doublette, en triplette, le verre à la main, et la bouteille bien au frais.
Avoir les boules bien placées
Aux boules donc, les commentaires virent à la science culinaire. Une pincée de chance, faire revenir sur un terrain spécialement conçu, veiller à ne pas se laisser trop cuir sous le cagnard. Car contrairement aux idées reçues les boules se jouent sans couvre-chef. Ne sortez pas couvert. Cela contrarie la transpiration et perturbe la concentration. Des effets que l’on attribue trop souvent à tort au pastis. Les boules attirent aussi les célébrités. Un peu comme à Roland-Garros sauf que là c’est dans l’arène que l’on retrouve les félinés. Redonnons à Fanny, Marius et Rosalie ce qui revient à César. La science du coup de boule, Zidane ne l’a pas apprise en jouant au ballon mais en regardant les boulistes manier avec dextérité leurs mains caleuses d’avoir trop caressé l’objet de leur passion. Cela méritait d’être pointé.
(1) Le verbe regimber signifie se rebiffer, se révolter. Il figure parmi les verbes de la langue française les moins utilisés. La semaine dernière, je l’ai trouvé par deux fois sur mon chemin de croix, j’ai du mal avec le Sudoku auquel je préfère au morpion estival, dans un édito du point et dans un roman d’été. A un moment donné je me suis cru sur une île mystérieuse donc la clé de sortie ne se trouverait pas dans des chiffres maléfiques mais dans des mots aux talents inexploités.
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C'est l'histoire d'un mec qui montre que dans notre monde tout reste possible. Il est Canadien et s’appelle Kyle MacDonald. Ce jeune homme de 27 ans entreprend un pari un peu fou : celui de convertir un trombone rouge en maison.
En un an, et via 14 échanges d’objets il réussit et obtient les clés d’une maison de taille respectable. Son principe, échanger l’objet en sa possession contre un objet d’une plus grande valeur. Ainsi, il passera du trombone rouge, au stylo en forme de poisson, du stylo à un bouton de porte, du bouton à un barbecue, du barbecue au générateur électrique. Cela ne s’arrête pas là. Conscient que les échanges, le troc, sont « la base des relations humaines » il persiste et signe. Son générateur s’échange contre une pompe à bière, puis la pompe avec un skidoo, le skidoo contre une camionnette, la camionnette contre un contrat avec producteur de disque. Reprenons notre souffle. Il échange le contrat contre une année de location dans la ville de Phoenix, puis cette location dans une maison typiquement américaine, c’est-à-dre suréquipée et confortable, contre une (ou un, on dit les deux) après-midi en compagnie (d’une chanteuse) d'un chanteur (1), Alice Cooper. Et là patatras. La catastrophe. N’écoutant que son instinct échangiste, voyons, il cède son contrat contre un globe rempli d’
eau que l’on retourne pour faire tomber la neige mais estampillé du groupe de rock bizarre Kiss. Un amateur de ce groupe lui propose d’échanger le globe contre un rôle dans un film. Et Kyle échangera au final, il y a une dizaine de jours, son contrat contre un
e maison dans la ville de Kipling Saskatchewan. Une histoire qui réconcilie avec le monde.
J’envoie tout de suite un mail au Hezbollah et à Tsahal pour qu’ils échangent leur connerie contre un peu de bon sens. On ne sait jamais, cela pourrait aussi marcher dans l’autre sens…
1. (Mise à jour : 14/11/2007. Non Alice Cooper n'est pas transexuelle. Camille me fait remarquer qu'Alice Cooper est un homme. Dont acte. D'ailleurs la photo ne laisse aucun doute: http://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_Cooper. Mais il pouvait pas s'appeler Vincent Damon Furnier, comme tout le monde. Le risque de confusion aurait été moins grand.
2. (Mise à jour : 04/06/0. insertion de la vidéo)
(J’ai été informé de cette histoire en lisant un post sur le blog Univers-Médias)
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Thèmes abordés : Alice Cooper, échange, Canada, histoire, Journalisme, Kyle MacDonald
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(Suite à des discussions avec Laurent Dupin, le site d’informations Zdnet accueille désormais une chronique-blog de votre serviteur sur le thème : e-politique, e-media. Elle est disponible, au milieu d’autres chroblogs en lien avec les nouvelles technologies, à cette adresse et sur ce blog au fil des publications).
Il est de ces romans qui existent dès la première phrase. « Aujourd’hui, maman est morte », dans l’Etranger de Camus, « c’était par une sombre nuit d’orage », de Bulwer-Lytton, qui a donné son nom à un prix littéraire « Le prix de la première phrase » qui existe depuis 1982 aux Etats-Unis. Et puis il y a « Est-ce que tu viens pour les vacances, moi je n’ai pas changé d’adresse », de David et Jonathan dans une chanson des années 80. Une autre époque mais je m’égare.
Vos papiers s’il vous plaît
Bref, une première phrase dans un livre c’est important. Et à lire celle du dernier livre de Nicolas Sarkozy on sent que celle-ci a été soupesée comme le Gringo de Jacques Vabre soupesait son café : « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu agir ». Nul ne sait encore la destinée de cette sentence. Ce que l’on sait par contre c’est que ce livre participe à la grande campagne médiatique orchestrée par le ministre de l’Intérieur en vue de la prochaine élection présidentielle.
Pour servir les intérêts de son auteur, la promotion de ce livre se décline sous forme des habituels extraits dans la presse hebdomadaire, tous exclusifs, et ici sous forme d’un site Internet dédié. Et c’est tout l’art de l’équipe de marketeurs de la marque Sarkozy de réussir à la fois à faire du buzz autour de leur candidat et à utiliser les techniques commerciales les plus efficaces. Ainsi, pour lire un extrait du livre en ligne, avec le vrai bruit des pages que l’on tourne, il faut montrer patte blanche. Vos papiers s’il vous plaît. Nom, prénom, adresse e-mail. Une manière légale de récupérer un fichier d’adresses valides de personnes si ce n’est convaincues au moins curieuses.
130.000 exemplaires imprimés
Le livre a été tiré à 130.000 exemplaires chez un éditeur habitué aux best-sellers, XO. Un chiffre démentiel quand on sait que certains ouvrages de Premier ministre en exercice n’ont pas dépassé les 3.000, et ce encore récemment. De l’autre côté de l’échiquier politique, au parti socialiste, deux candidats à l’investiture ont également sorti leur livre-programme ces derniers temps : Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang. Si le premier dispose d’outils internet dignes de ce nom, aucun trace d’extraits du livre dont le site de soutien parle finalement peu. Sur celui du second, la liste des livres apparaît en lien qui renvoie… sur la boutique en ligne d’Amazon. A chacun son fonds de commerce.
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Les vachettes sont de retour. Avec Intervilles sur France 3, la France revient quelques décennies en arrière au temps de Guy Lux, Léon Zitrone et Simone Garnier. Au temps où René Goscinny signait les aventures d’Astérix, ce qui évitait au héros gaulois et à son ami un peu enveloppé de finir dans une histoire en eau de boudin. En quelque sorte cela ressemble à la série policière Cold Case. L’affaire n’a pas été classée, et il faudra encore quelques étés pour que la télévision s’affranchisse de ce genre de spectacle déjanté. De petits bonhommes bleus, blancs et rouges, cela vous rappelle quelque chose ?, tentent désespèrement d’entraîner une mini-vache dans leur sillage afin qu’elle passe dans un cerceau, ce qui leur vaudra quelques points à convertir en cadeaux bonux. Nostalgie quand tu nous tiens. Et si c’était eux les Autres ? Ceux-là même qui poursuivent les rescapés du vol Oceanic dans Lost. Armés jusqu’aux dents, filmés en contre-jour pour augmenter le suspense à la fin du deuxième épisode de la deuxième saison, les Autres sont aux survivants ce que l’enfer est au paradis.
Le Sudoku des scénaristes
Avouons-le, cette entame ne dit pas grand chose sur l’énigme qui touche l’île aux disparus. A priori, la logique des scénaristes ne sacrifie en rien à la mode du Sudoku qui déferle depuis plus d’un an sur le pays. Voire. Les nouvelles séries américaines ont repris à Columbo ce qui l’a rendu célèbre : un final en apothèose où les thèses initiales sont battues en brèche. A la différence de l’une d’entre elles et pas la moindre : 24 heures. Car Jack Bauer n’est pas de cette trempe là. Il sait tout avant les autres, et pas longtemps avant, pour que la bombe explose tout de même. Il n’obéit jamais aux ordres que ses supérieurs lui donnent, ce qui confère à l’ancien jeune premier une french touch bien utile en vue de l’exportation de la série dans les pays à culture francophone. Et il a du mal à conserver les femmes dont il s’éprend à cause de méchants terroristes musulmans à qui il donnerait bien un coup de boule, on pourrait en faire une chanson, s’il n’y avait pas ces foutues caméras. Après cela on s’étonnera de ne pas décompresser en vacances. Primo, il faut gonfler le matelas de plage. Deuxio, cela me rappelle que trop le bureau.
Retrouvez-moi sur un blog de stakhanoviste estival, c’est de la dernière mode de ne pas prendre de vacances en juillet-août, www.mikael-cabon.com

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A l’heure de la photographie numérique, se développe dans notre manière de prendre des clichés, le n’importe quoi. Cela va des collégiens qui “shootent” leur prof en loucedé pour mettre la photo sur leur blog grâce à leur téléphone portable, aux nazes qui filment des scènes parfois d’une incroyable violence, aux snaparazzis, ces paparazzis d’un nouveau genre qui photographient les stars people à partir de leur mobile pour ensuite chercher à les vendre à des magazines ou à des sites internet traitant de l’actualité des vedettes telles la mère Denis. (Il existe par ailleurs le même système pour la vidéo).
Bon bref, ce que je viens de faire s’appelle une digression, c’est-à-dire une longue gaudriole verbale plaisante voire instructive mais qui n’a rien à voir avec le sujet principal. Ce dernier était une idée suffisamment simple et efficace pour que l’on puisse la qualifier de géniale.
L’autre jour, j’étais à une réunion de chefs d’entreprise du technopôle de Brest. Ambiance sympa. Sur une idée de l’agence RondVert, chaque invité devait trouver son double. Cela ressemble à du speed-dating, on dirait du speed-dating mais ce n’est pas du speed-dating. Ou tout au moins à la fin rien de sexuel. Moi j’étais “Sherlock Holmes” et je cherchais, élémentaire, “Watson”. Après avoir trouvé son partenaire, le passage dans une cabine de photographie s’avérait recommandé pour immortaliser ce moment. Le principe de cette cabine, que l’on doit à Hubert Taillard, est celui de l’autodéclenchement. Si bien que chacun pose à sa manière, décide du moment où il appuie sur la détente, et regarde le résultat sur l’écran incorporé à l’appareil. Au final, le résultat dépasse souvent les attentes si tant est que les participants jouent le jeu et se laissent un peu aller.
De fait, l’ambiance se décontracte. Les duos sont dans l’obligation de discuter d’autre chose que de boulot et d’affaires. Se nouent alors de, furtives, relations humaines. Les seules qui vaillent.
(Ci-dessous un exemple avec Romaric Bouchard).

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Une truie n’y retrouverait pas ses petits. La dernière émission de télé-réalité à la sauce M6 cherche à repeupler les campagnes, redonner du grain à moudre aux agriculteurs solitaires, que l’amour abreuve leurs sillons. Depuis quelques mois donc on peut suivre dans « L’amour est dans le pré » les aventures de quatre jeunes paysans officiant chacun dans leur ferme en compagnie de deux donzelles sélectionnées par et pour leur soin. Les solides gaillards, Francis, Vincent, Dominique et Arnaud reçoivent réciproquement Julie et Véronique, Nathalie et Sylvie, Carole et Stéphanie, Céline et Delphine. C’est beau comme un comice agricole dans les Cévennes. Le ressort de l’émission consiste à faire croire que dans nos campagnes ne survivent que des célibataires qui sentent la transpiration, qui se demandent si Internet c’est le nouveau nom de la vache de Michel le cousin des fils Riou de Lannilis qui s’est marié à une fille Jopic. Et que les villes françaises se sont transformées en New York City, où la moitié de la gent féminine est aux prises avec le célibat.
Le célibat c’est pire que les soldes : la carte de fidélité ne marche pas et les retours en cas d’erreur sur la taille, et certains pensent encore que cela ne compte pas, sont impossibles. Bref, échangerait paysan en rut contre urbaine en chaleur. Voilà pour le pitch, la réalité est toute autre. Dans des décors dignes de « Marc et Sophie », nos amies font la vaisselle, souvent, se chambrent un peu, mangent beaucoup, et surtout sont en concurrence. Car les femmes vont par paires. Et c’est là tout le talent de celle qui en a six de s’appuyer sur le succès du salon de l’Agriculture pour monter son ineffable émission. Souvent dans la vie, on choisit sa compagne (son compagnon, n’ayons pas peur d’être progressiste), une par une. Ici, pour ne pas perdre du temps, on est tout de même en moyenne à cinq heures de Paris par la route, on choisit entre deux. Sylvie ou Nathalie, laquelle fait le mieux la vaisselle ? La cuisine ? Le repassage ? On dirait un speed-dating pour trouver une femme de ménage. Aucune de ces femmes ne semblent d’ailleurs s’en offusquer. C’est parce qu’elles n’ont pas vu le montage de l’émission. Et oui, on nous a tout caché : les moments de délire à jouer au Pictionary, « j’élimine la première qui se trompe », la tension au moment de « Questions pour un champion », le coup de la trayeuse électrique qui tombe en panne, petit coquin, le moment où l’on se montre sa moissonneuse-batteuse, et enfin le final : « si tu arrives à deviner laquelle est ma mère, laquelle est la Pie Noire, tu marques un point ». Le suspense est à son comble. Et si Francis n’a toujours pas trouvé l’âme sœur à la fin de l’émission, sur le forum de M6, Nicrone(1) lui confie son béguin. « Je t'invite fortement à me connaître, je suis une femme sympa, courageuse, bonne vivante et déjà amoureuse de tes brebis ». Nicrone, envoyez votre CV à M6 qui vous rappellera. On ne badine pas avec l’amour.
1. Le prénom a été mélangé.

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Avec près de neuf téléspectateurs sur dix devant le match de l’équipe de France de football affrontant le Brésil, samedi dernier, TF1 s’approche à grands pas de ses plus grands records d’audience. Autant dire que sur les autres chaînes font grise mine. A commencer par France 2. La chaîne publique, faute de moyens, mise traditionnellement sur le vélo. Et cette année, ça pédale mou. L’exclusion de plusieurs favoris du tour pour dopage présumé ne facilite pas la tâche de Patrick de Carolis. A ce rythme, pas sûr que le Tour arrive à l’heure sur les Champs Elysées. Ce pavé dans la mare à le goût de l’enfer du Paris-Roubaix. Et le jeu phare de celle qui en a deux, Fort Boyard, boit la tasse. Et ce n’est pas fini, car TF1 s’apprête à lancer ce samedi la deuxième saison de Lost, les disparus*, suivi de deux séries policières dont 24 heures. Si l’émission satirique de Comédie, la Téloose se moque à loisirs de Jack Bauer, nul doute cependant que sur France Télévisions le temps sera à l’orage durant tout l’été. C’est d’ailleurs la nouvelle stratégie de TF1 relatée dans un article de l’hebdomadaire économique Challenges : miser sur de gros événements pour s’accaparer la publicité télévisée. En avant pour la coupe du monde de dominos géants, le festival de la bière de Munich, le come-back de Corbier et Dorothée… rien que du lourd.
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* A ce sujet, la chronique de la semaine dernière, suite à un savant dosage de bon sens et d’algorithme mathématique scientifiquement prouvé et recommandé par l’Union française bucco-dentaire, annonçait la date de la diffusion de la deuxième saison de la série, qui comporte deux douzaines d’épisodes. Un scoop qui en vaut d’autres et qui n’a rien à voir avec la nationalité que je partage avec Patrick Le Lay, à savoir la bretonnitude.
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