Deux auteurs américains connaissent un certain succès outre-atlantique avec leur livre "Freakonomics". Kesako ? Littéralement, ce néologisme signifie économie saugrenue. Derrière cette appellation somme toute un peu péjorative se cache une nouvelle manière d'utiliser les techniques de l'économie (ses outils : les statistiques, les sciences sociales, l'économétrie…) pour parvenir à des explications des phénomènes de société au-delà d'une vision dogmatique tronquée et d'a priori qui excellent bien souvent à donner une vraie-fausse vision de la réalité.
Dans leur dernier article paru dans The New York Times (accessible gratuitement en ligne après enregistrement), Steven Levitt, professeur d'économie à l'université de Chicago, et Stephen Dubner, journaliste dans ce même journal, s'intéresse à la naissance du talent. Dans nos sociétés, le talent, celui d'écrire dans ce blog, de bien jouer au football comme Zinedine Zidane, ou de faire basculer les foules d'émotions comme Ray Charles, est souvent considéré comme inné. On est bon en maths ou pas. On sait chanter ou non.
Se basant sur les études de Anders Eriksson, professeur à l'université de Floride, les deux auteurs montrent que le talent, bien que prenant support sur des dons naturels, est bien culturellement acquis plus qu'inné.
Avoir du talent suppose d'être d'abord passionné par ce que l'on fait. Et par là consacrer beaucoup de temps à l'objet de sa passion comme le font tous les passionnés. A ce titre, le reportage de l'émission Thalassa sur François Zanella (voir la vidéo ci-dessous), ancien mineur lorrain, qui a construit un paquebot en l'espace de douze ans, à l'échelle 1/8 est emblématique.
Ensuite selon les auteurs, être dans un environnement qui occasionne de multiples occasions de « feed-back », de retour sur expériences, et la capacité à se remettre en question afin d’acquérir de nouvelles connaissances. Prenant l’exemple de Michael Jordan, le célèbre et excellentissime basketteur américain de la NBA, Levitt et Dubner, indique que sans entraînement Michael Jordan, serait resté bien meilleur que la plupart des amateurs de ce sport. Mais que c’est son abnégation dans l’effort, sa volonté à parvenir au meilleur résultat, ses heures d’entraînement quand les autres se rendaient en discothèque pour mettre des paniers ou marquer à trois points, qui ont fait la différence.
Conclusion : le don est une chose, mais c’est le travail acharné qui le transforme en talent. Moi j’y retourne, et vous ?


25 mai 2006 à 11:27
Et je suis tout à fait d’accord avec toi. Mais sans le « don » initial, le talent peut-il se développer? Je connais des tas « d’écrivants » qui ne seront jamais que ce qu’ils sont, même avec un travail acharné. Il leur manque quelque chose de tout à fait essentiel (inné??)c’est le « regard ». J’ai remarqué cela aussi chez les peintres, il y a ceux qui même débutants, mateurs, ont un je ne sais quoi qui fera d’eux des grands, et puis il y a la cohorte des autres qui même avec des heures de cours chez les meilleures peintres ne seront jamais que des barbouilleurs.
L’exemple que tu donnes de Jordan est significatif: il était déjà d’un niveau supérieur chez les amateurs.Le travail n’a fait qu’améliorer un potentiel pré-existant.
Hormis ceci je trouve tout à fait admirable que chacun, bon ou moins bon (tout cela reste très suggestif) puisse s’exprimer dans l’art qui lui convient.
27 mai 2006 à 22:44
Le talent est l’expression naturel de nos capacités intérieures, de l’expression de l’essence divine au dedans de nous, qui s’exprime par ce que nous pensons, disons et faisons à chaque instant de notre vie.
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