Le concours d’infirmiers de l’AP-HP de Paris en mars dernier proposait un sujet intéressant aux futurs élèves des IFSI de la région parisienne. Il s’agissait d’argumenter sur l’engagement des bénévoles aujourd’hui en France. S’agit-il d’altruisme ou d’égoïsme ?
La question revient souvent dans ces concours et le sujet concerne tout le monde.13 millions de Français sont membres d’associations sportives, culturelles, politiques, de quartiers… Et plus de la moitié de cet effectif ont un rôle actif dans ces associations. Une blague circule d’ailleurs à ce sujet sur les finistériens. “Que font deux finistériens qui se rencontrent ? Une association !”. “Que font trois finistériens qui se rencontrent ? Deux associations”.
Face au matérialisme ambiant, l’engagement associatif peut être vécu comme une respiration dans la vie stressante, dédiée à la productivité et centrée sur soi.
Le choix proposé dans ce sujet entre altruisme et égoïsme n’en est pas un. Nous verrons que le deux se confondent et que c’est d’abord l’intention qui compte.
Par altruisme
L’altruisime pur n’existe quasiment pas. Seuls les religieux ou les idéalistes, et encore, peuvent agit par altruisme pur sans jamais penser ni profiter par effet de conséquence de l’impact de leur engagement solidaire. Il faut comprendre “l’altruisme par d’abord pour les autres”.
– l’envie de redonner ce que l’on a reçu. Pour un ancien bénéficiaire des Restos du Coeur par exemple, dont la situation s’est améliorée, l’envie de rendre aux autres ce qu’il a reçu. – par solidarité. La solidarité a toujours existé. C’est qui motivait les agriculteurs d’antant qui en s’aidant réciproquement ne faisait que rendre en acte les précecptes de leur éducation, teintée de valeurs religieuses. – pour se rendre utile. Même si les études le montrent, les personnes qui ont le plus de temps libre, les seniors inactifs par exemple, ne sont pas ceux qui donnent le plus de leur temps. S’engager dans une association, c’est d’abord une question de culture, de sens donnée à sa vie, plus que de temps disponible et d’utilisation de celui-ci.
Par égoïsme
(s’entend ici par d’abord son intérêt)
Les activités sociales permettent aux individus de bénéficier de trois apports essentiels à la vie en société (au travail comme dans la vie privée) : la reconnaissance sociale (s’engager est perçu positivement par son entourage, par la société), le sentiment d’appartenance (appartenir à une communauté identifiée, que je reconnais et qui me reconnait), par satisfaction (prouver, montrer ses compétences, ou en acquérier par effet d’expérience. On apprend toujours dans une association, et cela participe à la formation de son caractère, la détermination de ses envies, l’affirmation de ses ambitions…)
Par égoïsme pur :
Certains cas montrent que l’engagement associatif peut être motivé non pas par le d’abord pour soi mais par le “uniquement pour soi”. C’est le cas pour les personnes qui y trouvent le moyen de muscler leur CV, par une ligne supplémentaire, réelle ou factice (Il est à noter que c’est la partie engagement associatifs qui fait le plus souvent l’objet de trucages, mensonges, ou embellissement de la vérité). Pour celles aussi qui sont dans l’obligation de le faire, à l’occasion par exemple de travaux d’intérêt général (TIG) comme ce fut le cas pour Fabien Barthez après son crachat sur un arbitre lors d’un match de football amical au Maroc.
L’engagement associatif est à la fois altruiste et égoïste. Les deux se mêlent et il est ardu de faire la part des choses en distinguant clairement l’impact de l’un et de l’autre. C’est ainsi. Le danger peut venir de “l’obligation d’engagement”. Cela passe déjà dans certaines écoles où le bénévolat fait l’objet d’une notation, d’une unité de valeur, avec des notes et des appréciations, et participent par là à une dévalorisation des valeurs fondamentales et essentielles du bénévolat : la solidarité sans rien attendre en retour. Néanmoins, la place du bénévolat dans une société marchandisée est un facteur d’humanité. Il doit être encouragé, par la formation des bénévoles, par la reconnaissance de leur rôle, par des aides financières aux associations, sans pour autant que l’Etat n’y voit un moyen de se décharger à moindres frais des responsabilités qui sont les siennes : la liberté, l’égalité et la fraternité.
























1 réponse pour le moment ↓
1 Mélanie.T // 16 juin 2009 à 11:16
Bonjour,
je voulais réagir par rapport à votre article. J’ai étudié dans un cursus qui avait une option humanitaire (LEA) au niveau Master. C’est l’option qui réunit le plus de monde (j’avais choisi Affaires Internationales). Pourtant, je peux vous dire que 90% de ces gens étaient dans ce parcours par pure égoïsme. Je les connaissais bien, ce n’étaient pas des gens généreux ou altruistes (plutôt du style à écraser les autres pour se mettre en avant lors de travaux de groupes) et ils étaient même très peu engagés. Leur motivation 1ère: Voyager. Oui ces chers petits étudiants rêver de l’Afrique, du Tibet et de l’Amérique latine. Mais les associations n’ont pas tellement besoin d’eux, mais plutôt d’ingénieurs et de personnel médical du coup ils les font payer pour partir.
Je leur disais: « Vous savez il y a aussi des tas de gens dans la misère en France ou en Europe qui ont besoin d’aide. » et ils répondaient « Non mais moi je veux seulement aider les gens en Afrique ». Quel altruisme! Une personne dans le besoin est tout simplement une personne dans le besoin. En Afrique ou non.
Il y a plein d’associations en France qui n’arrive pas à trouver de bénévoles.
http://www.espacebenevolat.org/
Merci pour ton article.
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