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La pétole par le pétrole

11 mai 2006 · 1 commentaire -

Il y a quelque chose de troublant dans la manière dont sont narrées les récentes hausses du prix du baril sur les marchés internationaux.

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Photo : musée français du pétrole.

Parler du prix en euro
On a l’impression que la barre des 70 dollars le baril est devenu l’équivalent des 6 mètres de Serguei Bubka en saut à la perche. Une limite inhumaine. Proposition : que l’on donne le prix du baril en euro, cela fera moins cher. Sans rire, c’est tout de même un point essentiel. Donner le prix du baril en dollar selon la valeur sur le marché des changes de la monnaie américaine change considérablement la donne, non ?

Un métro propre ? Chiche !

A chaque poussée du pétrole, on nous reparle des modes de transports alternatifs. Chiche ! Un élu écologiste parlait ce matin à la radio de promouvoir les transports en commun. Soit. Depuis 1979 on parle de cela. C’est oublier l’attachement des français à leur voiture, constitutive de leur personnalité, marqueur social par excellence, symbole de liberté. On peut s’en gausser. Les faits sont là. Qui a déjà pris les transports en commun parisiens saurait que promouvoir le métro c’est déjà le rendre propre et le faire sentir bon.

La crise d’adolescence des traders

– Le marché du pétrole est un marché spéculatif par excellence (comme toutes les matières premières stratégiques de grande consommation). De fait, il est soumis aux aléas des contraintes géopolitiques, comme l’invasion supposément programmée de l’Iran par les Etats-Unis, ou bien encore les problèmes internes au Tchad, la “révolution” vénézuélienne (quoique Hugo Chavez soit généreux en donnant à des familles américaines dans le besoin de quoi se chauffer pendant l’hiver. Véridique). Dès lors, la part du psychologique devient prédominante rendant ce marché totalement instable. C’est le royaume des rumeurs au pays des traders. Les acheteurs internationaux deviennent aussi sensibles qu’une adolescente boutonneuse à tout ce qui peut se passer dans le monde, en interprétant les événements en fonction des a prioris.

L’intérêt de tous

– Comme grand nombre d’intermédiaires sont payés en pourcentage, tout le monde a intérête à voir le prix du baril s’envoler. (A lire d’ailleurs chez Dunod, une nouvelle collection : 100 petites expériences…. dont celui de Nicolas Guéguen, sur le comportement du consommateur. On y reviendra) – La crise actuelle est avant tout anticipatrice face aux risques liés à la faiblesse des stocks des pays occidentaux, et notamment des Etats-Unis. Elle est également liée à la faiblesse des capacités de raffinage du pétrole brut et au peu de moyens engagés pour la découverte de nouvelles ressources. – Enfin, n’est-il pas normal que sur le long terme les prix montent. Depuis le milieu des anénes 50, les prix à la consommation nous dit l’Insee ont été multiplié par douze. C’est à peu près la même tendance pour les prix de la construction (même si sur les dernières périodes, la hausse est plus importante). En 1955, le prix du baril, en dollar USD, et en moyenne en fonction de sa provenance, était de 18 dollars. On mulitplie par douze : 216 dollars. Voilà le prix du baril, s’il avait suivi le rythme de l’inflation dans un pays comme la France. Résultat : nous devrions sourire, le pétrole vaut trois fois moins que ce qu’il devrait.

Pour en savoir plus sur Internet :

– Le pic pétrolier, pour aujourd’hui ou pour demain ? – L’historique des cours du pétrole (en anglais)

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Catégorie(s) : Econoclaste · GENERAL · Leçons d'ECONOMIE

1 réponse pour le moment ↓

  • 1 Candide // 13 mai 2006 à 9:53

    X Mines, ça ne prédestine pas à être cité dans la rubrique des délinquants. On y côtoie plus souvent le gratin de la méritocratie que la lie de la voyoucratie. C’est aussi rare que de voir un PDG, fleuron du CAC 40 s’afficher avec un dealer de banlieue.

    C’est pourtant ce qui plane sur la tête de Mr Desmarets sur le sort duquel nous ne verserons pas de larmes inutiles.

    Diriger la star du capitalisme hexagonal, engranger plus de bénéfices que la somme de ses 4 poursuivants impose, du moins le croyait-on, certaines obligations vis-à-vis de la société.
    S’en affranchir ostensiblement, moquer ceux que l’on pollue, ceux que l’on a, par négligence, réduits en bouillie est indigne de l’idée que l’on se fait du capitalisme.

    Aux Etats-Unis Exxon a su payer pour l’Exxon Valdez : En Bretagne Total se bat encore pour ne pas dédommager les victimes de l’Erika.

    Aux Indes Union Carbide a su payer pour Bhopal : A Toulouse Total a fait obstruction aux enquêtes jusqu’à ce qu’il soit aujourd’hui établi qu’il est seul responsable du drame AZF.

    Et nous éviterons de parler de la Birmanie où Kouchner instrumentalisé par Total manqua de perdre son âme.

    Au rang des compagnies voyous, nous hébergeons la première d’entre elle : La Cie Total , pas de quoi en être fier !

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