Un projet de loi visera dans les prochains jours à instaurer le concept d’immigration choisie en France, notamment en ce qui concerne les travailleurs étrangers. Cette loi fait l’objet d’une quantité de débats où les représentants religieux chrétiens (catholiques, orthodoxes et protestants) ont arrêté leur avis considérant qu’il était question de personnes humaines et que par là-même c’était l’humanisme qui devait prévaloir sur des considérations politiques. Le travail clandestin, dont personne n’ignore l’existence et contre lequel peu d’actions sont engagées, l’immigration clandestine, payée parfois au prix du sang par des malheureux cherchant l’eldorado, sont bien entendu condamnables. Mais pourquoi une telle surenchère ?
Le lien chômage-immigration
A priori, le lien entre immigration et taux de chômage semble en parfaite corrélation, pour l’opinion publique en tout cas. Cependant quasiment aucun travail scientifique de grande ampleur n’a été mené pour infirmer ou corroborer ces faits, comme l’indique le CREC (Centre d’Etude des Revenus et des Coûts) dans une très pertinente étude.
De plus, le respect de la législation communautaire implique l’ouverture des frontières, même encadrée, à l’ensemble des ressortissants de l’Union européenne, comme le rappelle cet article de l’Expansion.
Idéologique au possible, la question du lien entre l’immigration et le taux de chômage mérite moins de démagogie et plus de recul. Dans un avis rendu par l’OCDE, des économistes reconnaissaient le rôle généralement positif pour la croissance économique d’un pays. Qui en douterait d’ailleurs ? Trouver un bouc émissaire, en l’occurrence l’immigration, pour ne pas s’obliger à regarder ses propres carences est toujours plus aisé. En Sciences humaines, cela s’appelle jeter l’opprobre sur un corps étranger pour renforcer la cohésion d’un groupe et sa loyauté dans le respect des règles alors érigées en dogme.
Marie Curie
Pour finir. Le week-end dernier, j’étais en famille au Mémorial de Caen. Avant le jardin américain se trouve la galerie des Prix Nobel, située dans l’ancien centre de commandement de la Wermacht. La galerie reprend l’ensemble des noms des scientifiques, savants, intellectuels ayant reçu le Prix Nobel dans leur spécialité, excepté les mathématiques qu’Alfred Nobel en souhaitait pas honorer et dont les spécialistes sont récompensés par la médaille Fields. Y figure un nom immanquablement connu de tous les français : Marie Curie. Avec son époux, Pierre, elle reçut en compagnie de Becquerel, le prix Nobel de Physiques en 1903 et de Chimie en 1911. Elle est à ce jour la seule femme à avoir obtenu deux Prix Nobel, et l’une des deux seules personnes à l’avoir obtenu dans deux catégories différentes. Dans les années 30, c’est leur fille, Irène, qui obtint le Prix Nobel également.
Pourquoi ce rappel historique ? D’habitude on prend les footballeurs pour montrer que la France gagne à accueillir des personnes sur son territoire. Pour la science cela marche aussi. Son père est enseignant. Marie Curie est née à Varsovie, avec un nom qui fait des points au scrabble : Skłodowska. L’université polonaise interdisant les études supérieures pour les femmes en ce cette fin de 19e siècle, elle émigre en France. Elle est brillante, mais n’est pas la chercheuse consacrée qu’elle deviendra plus tard. Combien de Marie Curie notre pays perdra t-il à se recroqueviller sur lui-même quand partout autour de lui le monde s’ouvre. Que faut-il disposer de si peu de confiance en soi et en ses valeurs pour s’apeurer à si bon compte ?
En savoir plus sur Internet :
– Le dossier complet de l’Express sur la question de l’immigration.
























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