L’actualité est cruelle. Au large de la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, un Boeing se désintègre avec à son bord 148 personnes et 133 français. Aucun survivant. Drame horrible pour les familles des victimes. Dès lors, les caméras françaises se déplacent en Egypte et nous assistons sur nos petits écrans à une dissection précise de l’événement. Au journal de 20 heures de TF1, on voit Claire Chazal pousser de mille feux, reposer les mêmes questions, bref gagner du temps. Ses interlocuteurs ne nous épargnent pas non plus. « Nous n’avons rien de plus à dire mais nous le dirons jusqu’au bout » semblent insister leurs regards hagards. Ne manque plus que la force des baïonnettes pour les interrompre. Les reportages se prolongent, tout y passe. L’accident devient l’événement national du week-end. Comment y échapper d’ailleurs ? Aucun survivant parmi les téléspectateurs.
Troublant non ? Comparativement aux dégâts du tremblement de terre de la semaine précédente en Iran. Où l’on se dit qu’un français vaut plus qu’un iranien. Et qu’un français vaut moins qu’un américain ou qu’un britannique. Les familles des victimes de l’attentat du DC 10 d’UTA recevront chacune 1,5 million de dollars, plusieurs millions en-dessous des indemnisations consenties des américano-britanniques. Qui a dit que la vie n’avait pas de prix ? La mort en tout cas oui.
Pendant ce temps, ou presque. Le premier bébé de l’année s’appelle Nolwenn en Bretagne, elle a failli naître devant la Star Academy spécial trois promos, et Clara au Québec, les papas sont un peu fatigués, et les mamans très contentes. Show must go on.
Show must go on
10 mai 2006 · Pas de commentaire -
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