Paru sur IMédias
1.295 véhicules incendiés en l’espace d’une seule nuit, il ne fait pas bon posséder une voiture en ce moment en France. Comme à chaque vague de violences urbaines dans notre pays se pose la question du rôle de la télévision dans la propagation de ces actes de délinquance. Les reportages montrant la force de la violence procèdent-ils du nécessaire devoir d’informer ou bien entretiennent-ils le phénomène de violence. Pour Robert Namias, le directeur de l’information de TF1, comme pour Arlette Chabot, son alter ego de France 2, le principe est ne pas être « instrumentalisés » par les fauteurs de troubles. A bien y réfléchir, on tient là presque un concept : deux villes de banlieue, des cocktails Molotov sponsorisés par une marque de vodka russe et deux équipes face à face, qui ont faim, et vont à la chasse aux voitures comme on va à celles des œufs quand le printemps pointe le bout de son nez. Pauvres cloches.
Alors comment continuer à relater les événements pour informer la population sans tomber dans ce travers tant redouté de donner du grain à moudre à une sorte de jeux intervilles du nombre de voitures brûlées ?
La réponse n’est pas aisée. Et c’est donner à la télévision un pouvoir qu’elle n’a pas que de suggérer qu’elle est en partie responsable de cet état de faits devant un Etat défait. Le principal levier d’influence de la télévision réside dans sa forte pénétration au sein de la population, toutes classes confondues. Si l’événement passe à la télévision c’est bien la preuve qu’il existe, et l’inverse est tout aussi vrai. Ainsi, un dysfonctionnement rabâché en direct chaque soir à la télévision, avant que, inexorablement, le soufflet retombe, donne du sens, de la profondeur à cette anarchie urbaine. Lui donne crédit tout autant qu’elle n’entretient le discrédit de l’Etat, semble-t-il, incapable de mener à bien ses missions régaliennes. Manque peut-être un observatoire des voitures brûlées la nuit et une commission ad hoc.
Cette chimère de l’influence ultime des médias « créateurs d’événements » revient souvent sur le devant de l’affiche. Un détraqué se risque t-il à rejouer le film « Seven » ? La responsabilité retombe sur le réalisateur. A quand les séries policières sans assassin, violeurs, voleurs pour ne pas entraîner de jeunes ouailles sur le chemin du mal ? D’un autre côté, Navarro en tutu rose discutant tricot avec Philippe Candeloro en guest star, je ne nie pas l’intérêt. Pas sûr qu’à côté des voitures en feu cela fasse entrer autant de sous dans la caisse.
























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