Chroniqueur sur BFM, créateur de Républic Valley, incubateur de start-up et ancien haut lieu de la nouvelle économie… Laurent Edel est aujourd’hui à la tête de Good Futur, avec Eric Clin (ex-Nouvo.com). Sa nouvelle société d’aide à la création d’activités privilégie une vision résolument optimiste de l’avenir.
D’où est venue cette idée d’un périple en Chine, au Japon, en Australie, aux Etats-Unis et au Canada à la recherche de nouvelles idées de business ?
Chine (NDLR : sa compagne) et moi aimons l’innovation, la nouveauté et les marchés dynamiques… Ce petit tour du monde nous a permis de chercher et de regarder les nouvelles idées de business. Pourquoi ces pays ? Parce qu’ils figurent parmi les plus entreprenants. Les Etats-Unis par exemple sont de loin le premier producteur de nouvelles idées de business. Le choix de ce parcours provient de cette envie de découvertes et également de raisons plus pratiques comme l’échange d’appartements possibles ou non dans certains pays.
Vous présentez une centaine d’idées dans votre livre, laquelle ou lesquelles vous semblent les plus transposables en France ou ont votre préférence ?
Il faut bien voir que pour nous derrière le mot business, nous entendons nouvelles idées à lancer, opportunités de création d’activités, d’entreprises mais aussi d’association, de nouveaux métiers, et pas argent facile. A titre personnel, Chine se lance dans la communication non-violente, avec les nouvelles façons de penser, de travailler, de régler les conflits au bureau comme dans un couple. Quant à moi, ce voyage m’a permis de constater le développement du marketing ethnique. A savoir la représentation d’un pays, à travers les produits, la communication, la publicité tel qu’il est : métissé. Aux Etats-Unis par exemple, la culture et l’identité de chaque communauté fait l’objet d’approches bien différenciées. On peut aussi signaler que tout ce qui touche le domaine de l’écologie a le vent en poupe. Je pense d’ailleurs à l’hôtel où nous venons de passer nos vacances près de Saint-Gervais, dans les Alpes, qui va fermer ses portes. Il aurait peut-être pu éviter cette fin en développant une offre plus axée sur l’écologie.
Plusieurs de vos lecteurs vous incitent à renouveler l’expérience et à partir découvrir de nouveaux horizons, de nouvelles cultures. Quelles seraient alors vos destinations et pourquoi ?
Ce n’est pas une hypothèse, nous repartons explorer de nouvelles NIB très bientôt. Destination les Etats-Unis, le Canada mais aussi l’Europe. D’une aventure familiale initialement nous en avons fait une entreprise : Good Futur. Avec Chine mais aussi Eric Clin, qui est associé. A partir de nos expériences et de notre réseau, l’idée est de formaliser des idées de création d’activités, d’inspirer les entrepreneurs et les chefs d’entreprises.
On dit la France menacée de sinistrose, et vous intitulez votre entreprise “Good futur”, l’optimisme aux lèvres. Que manque t-il, selon vous, à notre pays pour favoriser le désir d’entreprendre de nombre de concitoyens ?
La politique d’autoflagellation parfois pratiquée dans notre pays est pénible. La France culpabilise alors que le dynamisme culturel est patent et qu’existent de jolies entreprises. Au sein de Good Futur, nous privilégions une forme de raisonnement positif. Nous fournissons de l’optimisme pour créer un environnement positif. Trois facteurs influent sur la création d’entreprise : l’argent, mais nous n’intervenons pas sur la recherche de financement, les compétences, nous débutons des séances de formation à l’innovation et la créativité, et les idées. Sur ce dernier point, nous pensons que c’est par l’exemple que l’on donne l’envie.
Le livre est écrit à quatre mains, avec votre compagne, Chine Lanzmann, et raconte, au-delà des idées pour entreprendre, la vie en famille avec force détails. A titre personnel, que retirez-vous de cette aventure ?
Nos grands-parents respectifs ont vécu et travaillé ensemble toute leur vie. Nous pensions que pour nous aussi cela pouvait se passer comme cela. En fait, c’est un peu plus difficile. En discutant avec des amis qui partageaient à la fois leur vie de couple et leur vie professionnelle, on se rendait compte que souvent le patron disait de l’autre « ma compagne (ou mon compagnon) est dans mon ombre ». Avec nos egos, cela pouvait difficilement se dérouler ainsi. Et c’est vrai qu’il y a eu des moments tendus. Mais la confiance et le plaisir que nous avons à travailler ensemble ont pris le dessus. Pour notre fils, Edmond, qui a suivi cette aventure de bout en bout, cela a été des moments formidables à vivre, et sa présence nous a permis d’observer un certain nombre de NIB liées à l’enfance.
Quelles sont les perspectives de Good Futur ?
Le premier aspect est grand public avec sans doute un nouveau livre, et des chroniques radios. Le deuxième porte sur les réseaux d’aide à la création d’entreprise, pour leur apporter des outils afin qu’ils répondent aux entrepreneurs débutants ou confirmés à leurs questions sur les marchés d’avenir et les opportunités de développement en France. Enfin, la mise en place à la rentrée de séminaires d’innovation et de créativité. C’est ce que nous avons déjà réalisé avec des comités directeurs de grandes entreprises en les incitant à réfléchir sur de nouvelles idées de business. La phase des restructurations difficiles touche à sa fin. A partir d’aujourd’hui, les entreprises vont miser sur l’innovation et l’entreprenariat pour préparer les dix prochaines années.
A votre avis, quelles idées de NIB un étranger venant en France avec la même envie de trouver des NIB que vous trouverait-il ? (Là c’est à vous de jouer).
Voyage sur la planète « Entreprendre »
Il est des livres optimistes, « Le monde est à nous » en fait résolument partie. Carnet de voyage dans le monde de l’entrepreunariat, ce livre prêt à la réflexion autant qu’à l’action. Difficile à sa lecture de ne pas avoir la créationnite qui démange, les neurones en effervescence. Oui il existe de nouvelles idées de business, oui elles sont à la portée de tout à chacun ou presque. Ce qui peut choquer c’est l’évidence. L’évidence que les idées présentées ne pouvaient que réussir. Leur force réside dans leur simplicité, leur réponse nouvelle à un besoin existant, perçu ou non par les consommateurs. Ce qui surprend aussi c’est la sensation de sérénité qui se dégage à la fois des auteurs, même si « le journal de Chine », qui introduit chacun des pays visités laisse à supposer que même en voyage les contraintes de la vie de famille perdurent, et des entrepreneurs rencontrés tour à tour. « Le monde est à nous », à vous. M.C. « Le monde est à nous », de Laurent Edel et Chine Lanzmann, éditions Jean-Claude Lattes.