L’Inde, ce petit géant
Publié par mcabon dans Au fil des jours, Econoclaste, GénéralA l’occasion de la visite de Jacques Chirac sur le continent asiatique, et notamment la péninsule indienne, les médias nous reparlent de la puissance montante qu’est l’Inde. Et de nous préciser qu’en 2020, selon les experts d’un cabinet mondialement reconnu, l’Inde dépassera la France en terme de PIB globla, c’est à dire de richesses économiques produites par un pays. Bon soit, après la Grande-Bretagne, la Chine, voilà l’Inde qui nous dépasse. Demain le Brésil et la Corée réunifiée. C’est le jeu. Comme au football, quand on a des occasions mais qu’on ne marque pas, on rétrograde. C’est l’esprit du jeu. Cependant souvent prévisionS économiqueS varient, et ce serait un plénoasme de dire qu’elles sont souvent changeantes comme des femmes. Un, cela suppose que taux de croissance de l’Inde se maintienne au niveau de 8 à 10% pendant quinze ans, et que le notre se restreigne à moins de 2% durant cette même période.
La richesse de la qualité
Après tout pourquoi pas ? Rien ne laisse présager d’améliorations sur le front de la croissance économique en France alors que l’Inde semble connaître un nouvel âge d’or (comme ce fut déjà le cas au 17-18ème siècle où elle partageait avec équité les richesses mondiales avec la Chine et l’Europe continentale).
Mesurer la puissance d’un pays a l’aune de sa simple richesse économique globale m’appraît tout de même dépassé. Certes c’est un critère de comparaison, souvent fiable. C’est un peu comme Ronnie. Dans la cour de récréation au collège on disait qu’il était « puissant » parce qu’il tapait tout le monde. Il faut dire qu’il avait 18 ans. Puissance ne veut pas dire développement. Et l’on oublie un peu trop facilement de parler de l’équité sociale à l’intérieur des pays émergents. Ainsi en Inde, qui devient progressivement un centre majeur pour les services financiers et informatiques, 40% de la population est analphabète. On pourra toujours rétorquer qu’il n’y a pas besoin de savoir lire et écrire pour savoir travailler. Soit. Demandez donc leur avis à ces paysans indiens qui ont acheté des semences de coton OGM et se retrouvent avec une productivité bien moindre que celle qu’ils obtenaient par leur méthode ancestrale.

Sur le plan de la santé, les petites indiennes sont, selon une étude médicale réalisée dans des hôpitaux de Bombay, amenées à l’hôpital par leurs parents dans des états de désydratation toujours plus avancées que leurs comparses garçons. La faute à un système culturel que nous connaissons bien pour l’avoir vécu également en France, et en subir encore aujourd’hui quelques effets.
Alors il n’y pas d’injure à être dépassé par des pays dont la principale puissance est la masse et à qui nous avons nous aussi peut-être beaucoup à apporter.



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