Archives pour juillet 2005

Ca y est. L’été continue jusqu’en septembre, les voisins de camping sont toujours rincés au « pastaga ». Cette série estivale se poursuit avec Thierry, 31 ans, représentant des seniors, et Marie, 21 ans, pour l’équipe des juniors, tous deux représentants bien réels mais à l’interview imaginaire, des deux équipes de Koh Lanta.
Sur l’île, la démocratie n’est décidément pas le meilleur système politique. Les méchants vieux contre les jeunes fatigués s’en donnent à cœur joie et s’adonnent à la poésie, les vers plein la bouche. Interviews croisées de ces aventuriers de l’aventure.

Fais chaud aujourd’hui, toujours pas d’air conditionné sur l’île ?

Le vieux. Non, toujours pas. Mais Jean-Pierre Raffarin est passé nous voir avec Philippe Douste-Blazy pour nous apporter des bouteilles d’eau et nous dire que c’était important de boire beaucoup pour s’hydrater.

La jeune. Nous aussi, mais par contre c’est Monsieur Fanta qui est passé, et depuis on s’amuse à faire des concours de rots pour empêcher les vieux de dormir. Mais amphèt, je kiffe pas du tout le style. G anvi 2 Alé o Sinez.

Excusez-moi, c’est impubliable ce que vous venez de dire. 1, c’est truffé de fautes de SMS et ensuite si vous avez une sinusite, cela ne sert à rien de vous gratter les pieds. Comment est l’ambiance sur l’île ? Les tentatrices sont arrivées ?

Le vieux. En l’occurrence, la tentatrice c’est Michèle, elle est en maillot de bain tout le temps. Elle n’a même pas apporté de doudoune et elle a des poils sous les bras. Du coup quand on mange de l’oursin cru on a l’impression de l’embrasser.

La jeune. Nous c’est pareil. Y’a machin qui est arrivée avec ses petits souliers. Elle nous saoûle trop, alors du coup Mohammed a pêté un plomb grave. Il a kidnappé un chien kanak en menaçant la prod’ de rejoindre la grotte d’Ouvéa. Alors qu’amphèts Véa était restée au camp à cuire du manioc. C’est trop délire comme jeu, on découvre tous quelque chose d’inconnu en nous.

Par exemple, pour vous Jésus-Marie-Joseph ?

La jeune. Et bien moi je me suis rendue compte que j’étais petite et mal foutue. Pas moyen de grimper au cocotier décrocher des bananes. J’ai essayé trop plein de fois, et pas moyen, vraiment.

Vos parents vont bientôt arriver sur l’île pour observer vos comportements et décider de qui va partir. Cela vous inspire quoi ?

La jeune. Je n’étais pas au courant. Mon père va être trop vener quand il va voir la tronche de ma bedroom.

Le vieux. Moi ça m’étonnerait que mes parents viennent. Cela fait deux ans qu’ils sont à la morgue d’Orly.

Depuis le crash de votre avion sur l’île, est-ce qu’il se passe des choses bizarres, genre des attaques d’ours polaire ou bien des Tyrannosaures qui beuglent la nuit ?

Le vieux. Depuis qu’on a viré le tyrannosaure cela va beaucoup mieux. Et je ne savais pas qu’il y avait des ours polaires en Nouvelle Calédonie, en tout cas on ne l’a pas encore vu. Mais cela me donne une idée, on va faire un piège. On met Michèle dans un trou, l’ours est attiré par l’odeur, il tombe dans le trou, il dévore Françoise, et après on bouffe l’ours. Et on gagne l’épreuve de débilité.

La jeune. Et mais c’est Lost que vous décrivez là. Je love trop cette série.

Vous avez la télévision sur l’île ?

La jeune. Ben oui, comment tu crois qu’on arrive à rester aussi bête.

Le vieux. On savait pas nous. C’est pas normal. C’est pour çà que ces faigneants de jeunes ils arrivent avant nous aux épreuves. Ils voient tout à la télé avant.

Euh non, Bernard, votre émission n’est pas en direct.

Le vieux. Ben alors ça m’étonnerait bien. Michel Drucker est passé sur un tandem avec Philippe Douste-Blazy, et Drucker il est toujours en direct. Euh… à moins que ce soit Ardisson. Enfin, j’sais plus. Faut dire que le soleil tape fort aujourd’hui. Et on a toujours pas réussi à construire notre cabane à cause du tyrannosaure qui arrivait pas à trouver du manioc alors qu’amphèt – oui les jeunes sont passées faire une soirée au camp pour que l’on fasse de beaux raves – il y en avait plein juste à l’endroit où on avait mis les chiottes.


Pas de regret sur cette aventure ?

La jeune. Si un, j’étais venu pour trouver un emploi, je me suis fait plein de lignes, mais pas sur mon CV.

Le vieux. Moi j’ai une question au président de la République. Monsieur le Président, car je sais que vous nous écoutez, je voulais savoir si les quatre semaines de cette aventure seront décomptées du nombre de trimestres de cotisations retraites, et si les pensions d’aversions seront bien versées.

Merci de votre sincérité. Je vous laisse aller au feu de camp. La joueuse de rugby a des vidéos à vous montrer de vos partenaires en pleine action. La soirée va être longue.

Propos recueillis par Mikaël Cabon

Paru sur Imédias.biz

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Ca y est, c’est fait. Le gouvernement vient d’annoncer le nom des heureux allocataires des pôles de compétitivité. Au total, 105 projets concouraient. Au final, 67 se voient attribuer le fameux label. En langage forain, cela s’appelle « A tous les coups on gagne », car les projets recalés au CIADT de juillet 2005 pourront être repêchés lors du prochain comité en décembre. Toutes les régions de France ont leur projet « essentiel pour leur développement ». Cependant plusieurs choses dérangent.

1. Comment assurer le développement de pôles de compétitivité sans argent supplémentaire. Initialement les 15 pôles prévus devaient recevoir la somme de 750 millions d’euros, soit 50 millions d’euros par pôle. L’effort total de l’Etat est passé à 1,5 milliard d’euros mais pour 67 pôles, soit moins de 23 millions d’euros par pôle. Globalement la dotation double mais pour chacun des pôles retenus, elle baisse de moitié. Est-ce le meilleur moyen de donner à la France les moyens de ses ambitions que de privilégier une certaine forme de petitesse ?

2. Dans l’ensemble des projets, il est plus question de maintien de l’emploi que de création à proprement parler. On peut penser que les emplois actuellement présents sur le territoire de ces pôles existent parce que les besoins existent. Or eux-aussi bénéficieront de ces allègements de charges massifs. Pourquoi ne pas les réserver aux seules créations de postes supplémentaires ?

3. L’universitaire américain Michaël Porter décrit bien dans son ouvrage « La concurrence selon Porter », éditions Village Mondial, tout l’intérêt pour les pays occidentaux d’effectuer des convergences dans leur recherche tout en maintenant une concurrence afin de favoriser l’innovation. Pour lui des systèmes semblables à celui du MITI au Japon, dont s’inspirent les pôles de compétitivité français, connaissent un faux succès. Les entreprises y sont présentes pour nouer des liens avec les collectivités et bénéficier de subventions de bon aloi. Dans les faits, elles consacrent et concentrent leurs principaux efforts dans leurs centres de recherche propres. Ceux qu’elles ne partagent pas avec ses concurrents. Vous imaginez vous les ingénieurs de Renault dire à ceux de Toyota comment faire pour améliorer les performances de leurs voitures ? Bref, si les pôles de compétitivité ont le mérite d’exister, ils prennent vie avec 30 ans de retard, sont rachitiques dès la naissance, visent essentiellement à assurer la communication d’un gouvernement en mal de projets et à complaire les régions dans un assistanat centralisé de la part de l’Etat.

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